CHAPITRE III
textes, méritent une attention particulière. On a peut^re, de nos jours, exagéré un peu le mérite de ces travaux *; mais ce genr« d'appréciation a Êdt naître des hypothèses et des redi^erches qui ont jeté un plus grand jour sur la critique des premiers temps et sur l'authenticité des écrits canoniques du Nouveau-Testament
En effet, on a élevé à ce sujet les questions les plus graves.
Uéi^angile de Marcion n'aurait-il pas été, pour les chrétiens vraiment apostoliques, c'est-à-dire pour les chrétiens qui suivaient Tuniversalisme de S. Paul, ce que Véi^angile des Hébreux ^ composé en Palestine, était pour les chrétiens judaïsans i)e tous les pays ?
Le même évangile n'aurait-il pas été rédigé sur quelque document primitif, sous les yeux de cdui des apôtres qui a combattu avec le plus de gloire le
1 «(Les mareionites (disait M. Eicbhom en 1820^ £în- « Uiu in ias N. ïl, vol. I, p. 676, 701, 716) furent des « sceptiques éclairés. En général ^ les fondateurs de quel- « ques sectes étaient moins aveuglés par des préventions « que leurs adversaires y qui les stigmatisaient d'anathé^* « mes 9 et les marcionites offrent les premiers exemples « d'une -critique biblique. *
particularisme des Juifs y et concouru à faire sortir la religion chrétienne, avec toutes ses conséquences et dans toute sa pureté , des entraves judaïques, que prétendaient lui imposer quelques zélateurs de Moïse et des prophètes?
La composition que nous appelons aujourd'hui évangile de «S. Lucj n'aurait^elle pas été -rédigée, au second siècle de notre ère , d'après Févangile dont se servait Marcion , et ne porterait-elle pas , dans les additions qui la distinguait, les traces de cet esprit et de cette tendance que combattait Marcion ?
Dès-lors l'évangile de Marcion ne serait-il pas un document des plus anciens et des plus purs, ou, pour parler franchement, ne serait-il pas le seul évangile authentique que nous dussions suivre, et ne faudrait-il pas considérer comme autant d'additions suspectes^ tout ce que renferment de plus les évangiles que l'Église a eu tort de recevoir dans son canon?
. Telles sont les graves discussions qui se sont élevées au sujet de l'évangUe de Marcion , et dans lesquelles des savans, tels que Semler^^
1 Frty0 VnUrsuchung J. Kmwi* Halle^ 1771 et suiy.