CHAPITRE III
ours. Les versets cinquante-un à cinquante-six se prêtaient encore, sous ses mains, à une antithèse qu'ils suggèrent en effet.
Au chapitre dix, verset vingtrun, il retrancha les mots de xm rtfi ynç, dans la formule, TrccJsÇy kJuçis rov cvçccvou Kccl rr\ç ytis , le Dieu parfait ayant un ciel, mais n'ay^oit rien ou peu de commun avec la terre, créée par le démiurge.
Le verset vingt-deux semblait confirmer l'un de ses principaux dogmes, la révélation du Dieu inconnu par le Sauveur ; il y faisait pourtant une lég^e altération, ainsi qu'au suivant
Dans l'oraison dominicale du chapitre onze, il demandait le Saint*E$prit en place de la formule que ton nom soit sanctifié j et retrancha cèle de délivre-nQus du mal y qui, d'ailleurs, manque aussi dans bisaucoup d'autres codes.
Les versets quatorze à vingt- six lui fournis^ saient des aimes contre les Juifs ; les versets vingtneuf à trente- deux furei^t retranchés, comme contraires à ses idées. Il en arriva de même aux versets quarantenneuf à cinquante-un , tandis que le quarante -septième servait sa haine contre le judaïsme.
Lie cinquième verjset du chapitre suivant lui rendait le même service : c'est le démiurge, (Jisait-^
il , qtd a le cruel pouvoir de vous précipiter dans Tenfer, après vous avoir ôté la vie.
Le verset vingt-huit, qui étend la providence jusque sur Therbe des champs, se trouvait encore dans l'évangile de Marcion qu€ tenait Tertullien ; mais il manquait dans celui qu'employait S. Épiphane, ayant été retranché par les marcionites postérieurs.
Les neuf premiers versets du chapitre treize furent supprimés, le Dieu de bonté ne punissant pas les hommes comme le porte ce passage. Il en fut probablement de même des versets viftgtneuf à trente-cinq, et plusieurs changemens furent faits dans Fintervalle du neuvième au vingtneuvième.
Au chapitre quinze, la bdle parabole de \ enfant prodigue fut entièrement rejetée, comme peigimnt des plaisirs et des festins, et en général un genre de vie trop frivole pour Tascétisme de Marcion.
Le Mammon du chapitre quinze était, d'après le système de Marcion, le créateur du monde inférieur, et Tertullien s'amuse singulièrement de cette méprise.
Marcion donnait aussi au chapitre seize une expUcation toute particulière, et y faisait quelques changwiens.