‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 151 sur 173 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

sorte 9 le démiurge avec un ange S en Rappelant un avorton (de l'Etre suprêirie)^, et en le rapprochant du Dieu de perfection par cet attribut de parfaite justice qui le caractérise^. Nous savons, d'ailleurs, par un contemporain de Marcion et de son disciple Appelles, que le chef de cette école n'enseignait que deuT principes A

Le premier de ces principes, l'Être suprême, n'a rien créé de sensible; il ne crée, en général, que par déploiement de ses puissances, ^ le monde, qui n'est qu'une partie du second principe, ou de la matière revêtue de forme, est trop contraire à sa nature, trop indigne de ses perfections, pour que sa main y ait touché.

Cest le démiurge qui a formé ce monde d'une partie de la matière étemelle et mauvaise qu'il avait obtenue, par convention, du principe du

1 Terlnll., jfdç. Marc., lih, V, c. 2.

2 "BtOftùiML^ Titus Bostr., In CanisU kction. antiq,, éd. Basnage, îtb. III , p. i44*

3 Cette manière de voir me semble propre i rapprocher les sentimens divers de MM. Nëander {Genetiscke Enitpy' ckelung, p. 2Sy . Kirchenge^chkhte , I, p» 793 ) et Hahn {Dissert, de gnosi Marcion., part. 1^ p* 9; part* 2^ p. 4> note 2 ).

4 EusehU HisU ecch, V^ c. iZ.

58o - SECTION II.

mal, et qu'il retient contre lui par la force. Ses intentions, en formant ce monde, étaient bornées, mais elles étaient justes ^ Malheureusepient il fut incapable de les réaliser, sa faiblesse n'ayant pu maîtriser entièrement ni la matière ni ses mauvais esprits, et ces esprits lui résistant encore sans cesse, détruisant quelquefois ses plus beaux ouvrages et y répandant toujours le plus de mal possible^. S'il avait eu plus de puissance, le monde serait meilleur qu'il n'est, quoique ses idées ne fussent point elles-mêmes de Tordre le plus élevé. 5

1 Marcion ne parle pas d'une chute du démiurge, et ne pouvait point en admettre sans dériver son origine de l'Être suprême. Ainsi, ni l'orgueil ni la jalousie satanique ne jouent aucun rôle dans ce système. Marcion simplifie les idées de ses prédél^seurs.

2 Marcion prenait l'idée d'esprit dans un sens trés-étendu , en j comprenant non- seulement les principes destructeurs de la nature, qui sont des effets du génie du mal^ mais encore les insectes et les reptiles dangereux, qui sont ses agens. Ephrsem. Sjrus, vol. II , hpnn. 21^/7. 4^3. Ce sont les dews du zoroastrisme. Voj.Zend-Avesta, v. I, a.* part, p. 4^0; V. II, i58, 191, 195.

3 Daijus d'autres systèmes ^ le démiurge agit d'après des idées supérieures qu'il ne comprend pas lui-même 5 ici c'est son propre génie qu'il suit. . . •

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