CHAPITRE III. S
Cest à renverser cette domination que tendirent tous ses efforts j c'est pour cela qu'il annonça un autre Dieu * ; qu'il appela tous les peuples , avec les Juifs , à un bonheur lion-seulement terrestre, mais étemel et céleste; qu'il n'observa nî la loi du saint jour ni les autres dispositions du môsaïsme; qu'il encouragea ceux qui s'élevaient, comme lui , au-dessus de ces lois ; qu'il fonda une nouvelle société morale, entièrement diffl^ rente de éelle du démiurge ^j qu'il choisit pour ses coopérateurs des hommes qui n'avaient joué aucun rôle dans les anciennes institutions; qu'il changea jusqu'au» noms qu'avaient portés auparavant quelques-uns d'entre eux, et qu'enfin il leur donna, en les chargeant de leur mission.
1 S. Jean loi-même^ n'ayant été que le dernier des prophètes du démiurge, et ne préchant que le Messie de ce dieu, ne comprit pas Jésus-Christ; et c'est pour cela que, bientôt, il témoigna sa surprise en l'entendant enseigner des choses si nourelles.
Marcion s'Mtachait ainsi aux moindres circonstances fa« vozables à ses conceptions.
i TertuU., I, aS; ni, 4; IV, 7,8. C'est pour cela aussi que Marcion se plaignait des orthodoxes, qui altéraient de nouveau les institutions du Dieu suprême , en s'attachant trop à celles du judaïsme.
des préceptes entièrement opposés à ceux que le Dieu juste avait jadis donnés aux siens. ^
Marcion, pour mieux faire, ressortir les différences les plus caractéristiques qu'il remarquait entre les deux ordres de choses, composa un traité particulier sous le litre d'antithèses. ^
Ces antithèses, qui accompagnaient son code, formaient, sans doute, une sorte d'introduction dogmatique à ce recueil, afin d'indiquer le point de vue sous lequel il convenait de l'envisager 5et les contradictions entre l'ancien et le nouveau
1 Tertull.^ ly, 24; Y? i3. C'est une allusion aux ordres que le peuple dlsraël reçut de Jéhovab, à la sortie d'Egjpte;
Telatirenient à la vaisselle d'or et d'argent des Egyptiens.
2 Tertull., ly, 1. Cf. le Dialogue de recta fide; PaulnS; Exegeiisches Conservatorium, Heidelb., 1822,^. 1 46; Hahn, Antithèses Marcionis gnostici, liber deperditus, nuncn.. restitutus; Kœnigsb., 182 3.
5 Voici la dëfinitten qu'en donne T^rtuUien : « Opus ex « contrarietatum oppositionibus et ad separationem legis et <c eçangelii coactum : qua duos deos diçidens, proinde diçersos, « alterum alterius instrumenti, vel {^quod magis usui est M- « cere) testamenti, ut exinde eçangeUo quoque secundum mif « iitheses credendo, patrocinaretur. Adç, Marc., IV, 1.^ Nous devons être surpris d'autant moins de voir l'évangile dé Marcion précédé d'une sorte de dogmatique, qu'il accompagnait tout son code de notes et d'interprétations.