CHAPITRE III
Testament, que Marcion remarquait dans les notes jointes à son code, n'étaient que le détail et la continuation des principes établis dans l'introduction.
Les nombreuses différences que Marcion si^ gnale entre les deux codes jet les deux dieux, ou que, suivant ce chef de paru, le Christos établit lui-même, paraissent s'être réduites à quelques points principaux.
1 .° Le créateur des choses visibles s^ était montré juste et de bonne intentioriy mais pourtant d*une grande rigueur et d^une plus grande faiblesse, ^
UÈtre suprême , au contraire , tel qu^il se ré-
i C'est ce que Marcion prouvait ^ en montrant que le Créateur était l'auteur de beaucoup de maux 5 qu'il en convient lui-même par ses propres organes (Isaïe^ 45, 7); qu'une fois il essaya même de détruire le genre humain^ en s'apercevant qu'il l'avait mal i^it; qu'une autre fois il
conseilla aux siens le vol et la fraude (sortie d'Egypte); qu'en un mot ^ il n'était ni d'une parfaite sagesse, ni d'une haute puissance, ni d'une véritable bonté : qu'au contraire il était vain, léger, imprévoyant, changeant, irascible; jurant, et cela par lui-même, etc. En efïèt, Marcion articula contre les codes et les institutions judaïques plus d'accusations ou, si l'on veut, plu^ de blasphèmes qu'ir n'en est sorti de la bouche des tibres penseurs ou des esprits^ forts du dix-huitième' siècle.
SgO SECTION II.
cela dans Jésus - Christ et dans son enseignement j est de toute perfection.^
2.^ Uens^oyé de F Être suprême ^ Christos^ £est montré entièrement différent de Perwoyé que le démiurge avait fait annoncer aux Juifs par ses prophètes. ^
3.° La doctrine qu^enseigna le Dieu suprême fut également contraire à celle qu'açait fait enseigner le créateur. ^
1 Marcîon prouvait cette antithèse^ en montrant que rÉlre suprême ne souffrit pas l'exécution des projets du dcmiui|;e, qui auraient rendu si malheureuse la majorité du genre humain.
2 Ici Marcion allait jusqu'à soutenir que les deux Messies avaient des noms différens. Citant Isaïe^ y, i4 et 8^ 4> il fît valoir que le Sauveur ne s'était ni nommé Immanuel, ni occupé de conquêtes. Il trouvait les mêmes contradictions dans le plan des deux epvojés^ l'un étant annoncé pour la restauration de l'eppire judaïque y l'autre pour le salut de tous les peuples. D'ailleurs ^ le Sauveur du démiui]ge était promis comme fils de David; celui du père inconnu déclara qu'il n'était point fils de David ^ et qu'il venait commencer un régne tout nouveau. Il agit tout autrement, il paria tout autrement et finit tout autrement qu'on ne s'j était attendu.
» 3 Le Créiateur av«it fait professer la maxime un cal pour un œil, une déni pour une dent; le Christ ne voulut pas