CHAPITRE III. ' Sgi
l\? Les adorateurs de Pune et Vautre de ces divinités en démontrent aussi la différence par la différence de leurs principes y de leurs mœurs et de leurs actions, ^
Dans le système de Marcion , Jésus-Christ luimême, ainsi que ses apôtres, avait établi cette opposition formelle entre l'ancien et le nouvel ordre des choses. Il en avait même indiqué l'in-
même qu'on' rendît une injure. Le prophète du premier avait dit, du ton le plus ofTensif : Mon arc est tendu et "mes flèches sont tuguis'ées; l'ap6tre dii Christ dit, au contraire : Revêtez-vous de F armure de Dieu, pour que les traits de feu du malin puissent s'amortir contre elle. Le dëmiui]ge avait demandé des offrandes et des sacrifices, et prescrit les œuvres les plus minutieuses ^ le Dieu suprême ne veuf que les sentimens du cœur. Le cràiteur da monde vinble avait ordonné les actes vulgaires de la multiplication da l'espèce humaine 5 l'Être suprême réprouve l'union conjugale, comme une œuvre d'impudeur (Luc, 20, 34)* Le père inconnu veut même être adoré d'une manière nouvelle ( Luc, n ).
1 Les partisans du Créateur, disait Marcion, ont rejeté l'envojé de l'Être suprême sur la terre ; ils l'ont tué ; et Abel, Enoch, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, David et Salomon ont fait la même chose, lorsqu'il est descendu aux enfers délivrer les âmes des morts; Caïn, Esaû et d'autres adversaires du démiurge ont reconnu le Christ.
tention avant de la réaliser ; il avait dit qu'on ne dépose pas le nouveau vin dans des vases anciens; bientôt il avait ajouté, que personne ne peut servir deux maîtres; que le Père étemel est le seul être bon. Un de ses apôtres avait déclaré en somme , que la lettre ( la loi ) tue et que l'esprit vivifie : c'était dire clairement que la légblation de Moïse laissait l'homme dans la mort, ou dans rignorance et dans les vices, tandis que la sublime révélation du Christos donne le TfvevjJta de la vie divine. *
La différence entre l'ancienne et la nouvelle institution, entre la doctrine du Créateur et celle de l'Être suprême, fut saisie par les auditeurs de Christos, dès sa première leçon à la synagogue de Caphemaûm. Leur étonnement fut général, lorsqu'ils entendirent son noble discoure contre la loi et les prophètes^. Ils furent plus surpris encore quand ils le idrent opérer, d'un seul mot, ces miracles qui guérissaient tant de malheureux que n'avait pu soulager le Créateur; quand ils
1 Tertull.^ Adçers. Marcionem. Épiphane^ Hœres», ^2, Pseudo-Origenes^ Dial. de recta fide.
a Evangile de S. Luc, 4> t* 3». Tertullv ^*lf- Marc., IV, 7.