‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 157 sur 173 · CHAPITRE III. Sg · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. Sg

l'entendirent commander le cahne aux flots et aux orages soulevés par Tanden Dieu.

Ce Dieu, ainsi que le dernier de ses prophètes S iiit alarmé en voyant les œuvres de cet envoyé d'un Dieu supérieur, dont jusqu'alors il avait ignoré jusqu'à l'existence; il résolut d'expulser cet étranger du monde qu'il gouvernait : il se trompa pourtant dans les mesures qu'il fit prendre pour le conduire sur la croix 2. La mort ne pouvait affecter un être purement spirituel, et le Christos suprême ne s'y soumit que pour achever sa rédemption, arracherions les hommes au pouvoir du Créateur,' et les adoptet comme les enfans du père parfait, comme les héritiers de ses félicités étemelles. ^

La mort du Sauveur avec ses suites était l'un des points les plus délicats de ce système. Mar-

1 S. Jean-Baptiste^ qui^ dans le système de Marcion^ se trompait entièrement ^ en crojant prophétiser l'arrirée de l'envoyé du démiui^e.

2 Dans la plupart des autres systèmes gnostiques^ le démiurge et les anges qui gouvernent le monde se soumettent au Rédempteur.

3 Suivant Marcion^ les yrais chrétiens peuvent^ seuls ^ donner à Dieu le nom dé père, nom inconnu dans ce sens^ comme l'être qu'il désigne^ ayant Jésus-Christ. Iren. ^ Y^ 4*

3g4 6EGTION II.

cîon la considérait, avec les orthodoxes, comme le sceau de la rédemption; mais il entendait ce mot tout autrement qu'eux; tandis que, par la rédemption , les premiers se croyaient réconciliés avec leCréatenr et ramenés à son amour, Marcion ne pensait qu'à l'afiranchbsement de l'ancienite loi Il ne pouvait pourtant pas admettre la réalité da sacrifice, n'attribuant au Christos qu'une appa* f ence de corps ; et de là naissait l'un des plus graves inconvéniens pour son système. C'en était un bien grave, en effet, que d'attribuer un. résultat si positif, une réalité si fondamentale à une simjple apparcbce de mort! L'embarras de Marcion devait être d'autant plus grand, qu'avec l'apôtre S. Paul il reconnaissait, dans les souffrances du Rédempteur, la partie la plus essentieUe de. son oeuvre. Il serait donc curieux de savoir comment le chef d'une telle doctrine a su en pallier les inconséquences; malheureusement on remarque ici l'une des plus fortes lacunes dans les renseignemens que nous donnent les adversaires de Marcion. On voit, du reste, dans tous les siècles, des théosophes non moins ingénieux que Marcion, se payer, comme lui, de paroles et de distinctions, dans les parties les plus importantes de leurs enseignemens.

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