‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 158 sur 173 · CHAPITRE III. SgS · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. SgS

Après sa mort dans la dréadon visible, le Ré-* dempteur, touché de compassion pour les anciennes générations , descendit aussitôt dans les régions inférieures, où se trouvaient, dans des lieux divers, ceux que récompensait ou que punis-» sait le démiurge. Il leur prêcha le Dieu inconnu ; mais lés premiers, contens de leur sort, le rejetèrent j les autres, au contraire, saisirent avidement un ordre de choses qui les délivrait de leurs souffrances. Caïn et ses descendans, qui avaient péri au déluge; les Sodomites et les Égyptiens, qui avaient subi de si rudes chàtimens , furent emmenés par le Christ dans ses célestes demeures.^

Celle des opinions de Marcion qui peut le plus nous surprendre, c'est celle que les hommes du démiurge qui, n'ayant pas participé, ou ne voulant, à aucune ^ôque, participer à la grande rédemption, doivent attendre l'arrivée du Messie qu'ont prophétisé les organes de leur maître. Cet envoyé vi^idra, tôt ou tard, réunir ses partisans.

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1 Iren., I, 29; IV, 18. Epiph., 4^^ p. 3o5. Origen., Uepi elp^Zv, II, 5. C'est l'une des idées les plus hardies de ce système , et l'une des analc^ies les plus frappantes avec celui des sectes ophitiques, avec ?csquelles S. Théodoret parait aussi confondre les marcionites* Hœrei. fab. , iib. I, 24.

SgS SECTION II,

les ramener dans la Palestine, et leur soumettre les autres peuples ^ Ici Marcion, le plus ardent ennemi des Juifs , partage la plus aveugle et la plus permanente de leurà espérances, celle de la venue du Messie tel qu'ils le veulent, et non tel que l'ont eu les chrétiens. Cest ainsi que se rencontrent dans les mêmes systèmes les dogmes les plus opposés.

Cette opinion se recommandait, au surplus, par l'observation que l'empire du démiurge ne fut pas détruit entièrement par celui de l'Être suprême, et que ce dernier ne répand ses bienfaits que sur ceux qui les adoptent librement.

Ces bienfaits sont pourtant d'un prix infini. A la vérité ils ne concernent que l'amej le corps, appartenant à la matière, doit périr ^; mais l'ame du véritable chrétien, adoptée, gi titre d'en&nt, par l'Etre suprême , à qui elle était si long*temps étrangère, •reçoit de lui le yrvsvfxec de la vie divine; est conduite et fortifiée, par ce don, dans une vie pure et sainte, analogue à celle de Dieu,

1 Terlull., Adç. Marc, III, 3; IV, 34-

2 G# dogme est l'un de ceux que les adversaires de Mardon lui reprochent le plus^ en établissant celui de la ré* surrection des corps.

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