‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 159 sur 173 · CHAPITRE III, 5g · texte numérisé non relu

CHAPITRE III, 5g

et si elle achève ainsi sa carrière terrestre dans la charité, la chasteté, la sainteté, elle se dégagera un jour de son enveloppe matérielle, comme le grain mùr se détache de sa tige , comme, le poussin s'échappe de sa cage, et, semblable aux anges, elle prendra sa part aux félicités du père bon .et par&it, revêtue d'un corps ou d'un organe aérien également semblable à celui des anges.

C'est là la plus noble des métempsycoses; c'est aussi l'idée la plus simple de cette doctrine ; c'en est probablement l'idée primitive; la migration des âmes par les corps jdes animaux n'en est que le développement, prenant sa source dans cette grande idée, que tout ce qui a vie dans la création est émané de la source de 9ute vie, doit y rentrer un jour, et y tient constamment d'une manière quelconque; en sorte que, si les âmes reléguées dans des corps humains sont des âmes à l'épreuve, celles reléguées dajis les corps des animaux sont des âmes plus coupables, qui gémissent dans des épreuves plus dures.

Cette idée toute entière n'entrait pourtant ,pas dans le système de Marcion ^ Les âmes ne sont

1 S. Épiphape dit^ il est yrai^ formellement : Ce mUéràbh

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pas des anges tombés ; dles n'ont jamais été beaucoup plus par&ites qu'elles ne sont 5 elle» sont même appelées, par un Dieu supérieur, à un état plus parfait que celui pour lequel leur auteur les avait créées*

Cest en peignant cette condition supérieure et lés moyens d'y arriver; c'est en traçant l'idéal de la perfiection morale de l'homme et les devoirs qui en découlent, que Marcion est dans son véritable élément. Son^time toute entière est à la

pense, açec ses adhéreju, que les hommes ont la même anu que les animaux {In » ivjvi 4^/^** ^^ '^^^ dvBpZTrotç x,cu ^tûOiç CttcLù^h)» Hœres,, ^2 , p» 33o. Mais aucun autre ancien ne lui aOTesse ce reproche ; et il doit être d'autant " plus mal fondé; qae la métempsycose ^t incompatible avec ce système. Si Marcion arait adopté deux ames^ Fone rationnelle ou pneumatique, l'autre sensi tire ou bylique, on pourrait admettre , avec M. Hahn (^Marcions Eçangelium, p. 81); que c'est la dernière que l'homme a de commun arec l'animal y et qu'en se dissolvant elle rentre dans la totalité des corps ; mais cette hypothèse est encore contraire au ff^stème de Marcion. L'homme n'y a qu'une seule ame, et elle lui est donnée par le démiurge : c'est même ce qui caractérise cette anthropologie. Il faut donc croire que S. Ëpiphane s'est trompé y pour avoir voulu rendre Taison du principe qui portait Mar<;ioii à s'abstenir de la chair des animaux.

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