‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 160 sur 173 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

religion, au monde supérieur, et par conséquent aux venonciations à ce inonde, à Tascétisme, à la sainteté. Seulement sa théorie pèche par la base. Elle prend Thomme tel qu'il est; mais elle le condamne tel qu'il est; elle en renie la moitié. Le corps, avec tous ses admirables organes, est essentiellement vice et mal : donc toute la vie extérieure est à proscrire, saitf ce qui est nécessaire à sa conservation jusqu'au terme de la mort ^ A mesure que la vie matérielle est combattue, la vie spirituelle fleurit Ainsi; les actions du mariage, entretenant des impressions sensuelles, sont proscrites; l'alliance conjugale est permise, mais, dans cette union même, la continence est si bien un devoir, que ceux qui s'y refusent ne peuvent participer ni à la sainte cène, qui communique le TtveZiÀCù de l'Etre suprême, ni même au baptême , qui est le premier acte de renonciation au Créateur et à son monde. ^

\ Ce principe est même une inconséquence^ une absurdité, dans le système de Marcion : la conservation du corps est une concession, une œuvre de faiblesse faite au démiurge.

2 Ici Marcion s'accordait parfaitement avec l'école de Syrie : comme elle, il tendait à la cessation de l'espèce humaine, ou de l'existence d'ames alliées au mal, à la

Les marcionites ne se bornaient pas à cette abstinence; ils évitaient la chair des animaux, qui nourrit le corps trop abondamment ^ Ils se contentaient, ordinairement, d'eau, de lait, de pain, de miel et d'huile, objets de nourriture qu'ils trouvaient cités dans les évangiles; souvent ils jeûnaient et combattaient la chair par toutes sortes de privations; ils méprisaient les plaisirs des yeux, tels que les spectacles, qui réveillent si souvent les passions et qui flattent les sens dans tous les cas; ils se distinguèrent toujours par la simplicité de leur costume et la gravité de leurs mœurs. Leur vie était une sorte de protestation contre les principes et la conduite Ucencieuse de quelques partisans du gnosticisme égyptien de cette époque. «

Les dehors d'une piété aussi recherchée se joignant à des vertus plus méritoires, firent estimer les marcionites même par ceux qui s'alarmaient de leurs erreurs, et leur valurent quel-

matière. Le baptême était ^ en même temps, une renonciation au péché y et pouvait se répéter, à ce titre, plus d'une fois. Epiph., 4^; P* 3o4.

1 Ils ne se permettaient que le poisson , en citant i^exemple de Jésus-Christ.

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