‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 161 sur 173 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ques éloges * même de la part des écrivains qui leur prodiguaient le plus d'injures ^ Il est inutile de dire que d'autres leur reprochaient le tout comme une hypocrisie d'autant plus perfide, qu'elle leur attirait plus de partisans. ^

Un chef qui ne recevait de néophytes qu'autant qu'ils s'engageaient à la continence^ qui les plaçait dans la classe des catéchumènes tant qu'ib n'étaient pas en état de la pratiquer; qui repla-^ çait plusieurs fois sur le seuil de ses mystères ceux qu'il y avait déjà reçus j qui enseignait, en général , qu'il n'y a de mérite que dans les seules actions &iteë pour l'amour de Dieu, ne devait pourtant pas être accusé d'employer la séduction pour grossir son 'parti. 5

1 Tertull., Adç. Marc, I, 27, 28, m. 8. De prœscripU, c* 3o. Origenes, HomiL Vil in EzechUl , p. 382, /. III ^ éd. la Rue.

2 Eplirem, /. II, hymn. 5o, p. 548, D. Il fautarouer aussi que l'ascétisme des marcionites les conduisit à des conséquences singulières. Les hommes se coupaient les cheveux, comme inutil^à l'ame (Epiph., Hœres., 42^ /?. 56i}, et par allusion à une idée de S. Paul (I.'' Gor., 11, 7).

3 Tertull., I^ 24, 29; lY, 34* Glemens Alexandr. , Strom., III, p. 43 1. Cf. Beausohre, Histoire du mani< chéisnne, I, p. 122. Les catéchumènes des marcionites étaient, au reste, admis comme spectateurs à toutes les

Son parti grossit néanmoins avec rapidité, et îl y avait aussi de la séduction dans l'enseignement de cette école : il frappait par sa nouveauté , sa hardiesse, sa conséquence; il entraînait par la piété qu'y joignait son chef. Dans tous les temps un homme de génie doit trouver des partisans, lorsqu'il enseigne de cette manière. Or, l'enseignement de Marcion était incontestablement de cette nature.

Sa doctrine était neuçej hardie j conséquente.

Philon l'avait préparée, en montrant, par «es interprétations allégoriques des anciens codes, que leur sens naturel était quelquefois choquant S. Paul l'avait préparée encore plus directement, en combattant le particularisme des chrétiens judaïsans; en leur prouvant que le mosaïsme n'avait été que transitoire, tandis que le christianisme était universel; que le mosaïsme n'avait été que le type, tandis que le christianisme était la chose. C'était là étabhr unç antithèse formelle entre l'une et l'autre reh^on. Aussi les chrétiens se partagèrent-ils bientôt en deux grandes sec-

cérémonies du culte ; tandis que, dans beaucoup de corn* munautës apostoliques, on ne célébrait les mjstéres qu'a* pvès leur retraite.

Page 1