‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 164 sur 173 · CHAPITRE lïî · texte numérisé non relu

CHAPITRE lïî

vent en Syrie qu'à Rome, où s'était réfugié sort maître. Il adopta, au moins en pneumatolo^e et en anthropologie y les idées fondamentales du gnosticisme syrien.

Son maître enseignait que le démiurge avait fait l'homme à son image, et lui avait donné une ame tirée de son être : Marcus enseigna que l'homme était, en sortant des mains du créateur, • un être tout-à-fait misérable; qu'il ne possédait pas d'ame intelligente, n'ayant que le principe

attribué à Origène^ et dont Fauteur pourrait être Maxime, écrivain chrétien du temps d'Origéne. £n effet , Eusèbe cite de lui des Traités sur Vorigine du mal et de la matière, question fort agitée , dit-il , par les hérétiques. [Hist, ecch, V, 2^, Cf. Prcep. eçangelic, VII.) 11 y a pourtant dans ce morceau des opinions postérieures à l'époque d'Origene.

Quoiqu'il soit peu étendu , ce Traité se subdivise en trois dialogues ; dont le premier est dirigé contre les marcionites qui adoptent trois principes; le second, contre ceux qui en adoptent deux; le troisième, contre les bardesanites. Les interlocuteurs de ces dialc^es sont à peu prés aussi historiques que ceux de Platon et de Cicéron. Ce sont Adamantins ou Origéne; Mégéthius, marcionite d'ailleurs inconnu; Marcus, celui dont nous parlons; Marinus, bardesanite inconnu ou imaginaire; Droserius, valentinien; Valens, chef d'une secte particulière; Ëutrope, juge, dont nous ne savons pas davantage*

4lO SECTION II.

animant, \)>u%ny <{ue le Dieu de bonté et de perfection, en voyant cette créature se tordre et se traîner dans sa misèire , lui envoya le principe de la vie intellectuelle et divine, TrvsvfJLet»^

Ce sont là évidemment les idées de Bardesanes et de Saturnin, et Ton voit par elles l'école de Marcion se rattacher à l'Egypte judaïco-grecque de Philon , ainsi que cet auteur se rattachait luimême, par le platonisme, à Tantique et mystérieuse psychologie* de la Grèce

Marcus admettait , comme son maître , une chute par suite du péché ; mais il différait encore de Marcion, en enseignant que, par la chute, l'homme perdit le pneuma, et que la rédemption seule peut le lui rendre.

Cétait articuler plus clairement que Marcion la nature de la chute «et celle du bienfait de la rédemption.

Quant à la nature du Pneuma et de la Psyché^ Marcus, fidèle aux anciens théosophes, enseignait que le principe pneumatique est seul immortel, le principe psychique étant périssable. Il en résultait, avec une rigoureuse conséquence, le dogme

1 DiaL de rectafidcy p. 826^ A.

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