‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 165 sur 173 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

quje tous ceux qui ne participeraient pas à la rédemption s'anéantiraient à la mort» n'ayant pas * reçu le principe pneumatique. ^

Cette doctrine avait l'avantage de pouvoir s'appliquer à ime foule de passages des saints codes sur la nature et le$ effets du pneuma.

.Lucien ou Lucain^, autre marcionite, qui s'éloigna également de Marcion et de Marcus» adopta une partie de cette doctrine. Il nia non-seulement

i DiaL de recta fide, p, 8269 A, et ;M»J2m. Ce document , dans la seconde section ^ attribue à Marcus plusieurs opi* nions qui^ sans ayoir rien de nouveau dans ce système ^ j sont exposées avec une franchise remarquable. Par exemple,**/ wjy a que deux principes; il ny en a pas trois; ils sont tous les deux éterruls , tous les deux infinis; ils ne se rencontrent pas. Les hommes appartiennent au maàçais prin^ cipe; ils ont manqué à ce principe, et c'est le bon qui leur pardonne: le bon ne juge personne; etc. Marcus j joue, au reste, le rôle du niais de la troupe; il n'est cité que pour s'ou^ir condamner; il est toujours battu. Vient ensuite M^étbius^ avec ses trois principes, se faire battre et condamner à son tour. £11 effet, Eutrope le juge se lève à la fin, et dit : Je prends Marcus, Mégéthius et tous ceux qui sont de leur avis, pour des sots (ixsdiovç).

a Origène {Contra Celsum, III, 27) et S. Epiphane {Hceres., 43) le nomment XôVKtavoç. Tertullien {De re^ surr» camis, ^. 2 ) l'appelle Lucanus.

4l^ SECTION II.

la résurrecîtion de la chair, dogme que les orthodoxes étahlissaient avec tant de zèle, mais encore la perpétuité du principe psychique , ce qui les remplissait d'horreur.

Les autres enseignemens qui caractérisaient Lucien nous sont inconnus. Se rapprochait-t-il des gnostiques de la Syrie, comme Marcus, ou de ceux de l'Egypte, comme Apelles? Tertullien n'en parle pas ; Origène se borne à dire q[u'il fit violence aux codes, comme Valentin et Marcion; S. Épiphane est plus long à réfuter qu'à exposer ses principes ^ Lucien formait cependant une secte spéciale; S. Épiphane le dit expressément; il est vrai qu'il ajoute que, de son temps, elle n'existait plus. ^

Apelles , le plus célèbre des trois marcionites que nous nommons spécial^nent , avait connu le maître à Rome, et s'y était distingué par l'attachement qu'il lui avait voué : il ne fut pourtant

1 II lui attribue la doctrine des trois principes et la proscription du mariage , dans Fintention de nuire à l'ordre établi par le Créateur.

2 Lucien et Leucius paraissent bien être le même mar- <»onite. Grabe conjecture que les Actes de F apôtre S. Thomas pourraient être de ce Leucius. Grabe, Spîdleg., i. /> p, 124, 128. Thilo^ Acta S» Thomœ, apostoU, p. 172.

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