CHAPITRE III
pas plus fidèle à sa doctrine que ne le furent Marcus et Lucien. Le plus illustre de tous les gnostiques, Valentin, qu'il vit sans doute à Rome, puisqu'il y était en même temps que Marcion, paraît lui avoir inspiré le désir d'étudier la gnose d'Egypte à sa source, et ces études modifièrent nécessairement son système.
L'exemple du plus orgueilleux de tous les théosophes de ces temps, celui de Simon le magicien, qui avait été la grande puissance de Dieu y et qui avait voué toute son existence à Hélène-Ennoia, paraît avoir exercé également de l'influence sur l'imagination d'Apelles : il se mit dans des rapports analogues, et établit des prétentions que les gnostiques ne formaient plus habituellement.
Il se prétendit, inspiré, ou du moins éclairé, par les révélations * d'une femme nommée Philoumène, pour laquelle il manifestait la vénération la plus profonde, et qui était effectivement, sous le rapport des mœurs, le parfait opposé d'Hélène- Ennoia. ^
Ce qui prouve qu'il étai,t moins inspiré par
2 Yojr* ci-dessus^ p. 202. Les contemporains d'Apelles #nt généralement respecté cette liaison. Il est yrai que Far-
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Philouinène que par l'feole d'Alexandrie, c'est sa doctrine, qui rappelle souvent celle de Valentin et celle des ophites.
U n'admettait ni trois, ni même deux princi* pes , mais un seul : le Dieu bon et parfait , puissance sans nom, qui ne s'occupe pas de ce qui se passe dans le monde, et qui ne l'a point fait;
dent TertuUien la blâme séyéremant. « Lapsus in fœmi- « junn desertor continent iœ marcionênsis , dit -il d'Apelles « [Prœscr,y Zo,Cf,B)fab oculis sanctissimi magistri Alexart' « driam secessii. Inde post annos regressus non melior/nisi « iantum qua jam non Marcionites, in altérant Jœminam « impegii, illam yirginem Ph^lumenen postea vero immane «' prostibulam et ipsam, cujus energemate (puissance dé- ^ moniaque) circumçentus quœ ah ,ea didicit Phaneroseis K scripsit. * Ce jugement de Terlullien n'est pourtant qu'indîyiduel ; l'un des plus constans adversaires d'Apelles^ Rhodon^ nous le fait connaître comme un homme de mœurs irréprochables. (Euseb.^ Hist. eccles., V, i3. ) En effets Apelles parait n'avoir eu pour Philouméne qu'une superstitieuse crédulité; et le gnostîcisme se montre encore, sous ce rapport, d'une originalité vraiment remarquable. On a comparé les relations d'Apelles et de Philouméne avec celles que plusieurs anciens législateurs avaient prétendu avoir avec des njmphes ou des divinités; mais ici c'étaient de piu^s fictions, tandis que là- c'est la réalité la plus notoire. On a voulu, d'un autre côté, pour justifier ces relations, le$ assimiler à celles de quelques docteurs des premiers sié-