‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 167 sur 173 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

mais qui a créé , par émanation , sans doute , un autre Dieu, le démiurge, ou le créateur de tout ce qui est visible.

Le Créateur a procédé, dans ses œuvres, d'après les types du plérôme ; mais il était placé liii-inéme à ime très-grande distance de l'Être suprême , et c'est ce qui a rendu sa création si imparfaite. ^

cdes, qui recevaient dans leurs maisons des viei^es ou des parentes, qu'un ascétisme analogue au leur et à celui des marcioniles engageait à chercher un tel asile ; mais ce parallèle est également manqué, puisqu'ici on venait auprès. des doctei^s pour recevoir leurs inspirations, tandis que là Philoumène est elle-mém« oi]gane d'inspiration. Cf. Gy prianiEpist, 62 et 67, éd. Pamel, Dodwell. , Disert. Cyprian. , III, p, 6. Mosheim, Comment, de reh. Christ. ^ p. 699. Dans tous les cas , le crédule enthousiasme d'Apelles pour une femme est excusé par des croyances analogues, qui, dans l'antiquité et dans les temps modernes, dans la Grèc^ civilisée comme dans la sauvage Germanie, en Italie comme en Suède, ont attribué aux femmes des oracles et des révélations dont la délicatesse de leur être semblait les rendre plus Susceptibles que les hommes.

1 Epiphami HcBres., 44- Àddit. ad Tertulliani libr, de prcBscripi,, ,c. 5 1 . D'après Tcrtullien ( De Came Christi, c.%)y il paraît qu'Apelles admettait, avec l'école de Yalentin,. que le n^onde du démiurge devait être une révélation du nionde supérieur, et que le Christos lui en inspirait les idées.

4l6 SECTION 11^

Cétait là mettre dans ce système mie unité qui manquait absolument à la doctrme de Marcion; mais ce n'était pas échapper à une objection grave, qui se présente tout naturellement, et que les adversaires d'Apelles lui opposaient à juste titre. Si votre Dieu parfait a prévu, lui disait-on, que son créateur ferait si mal, que ne l'a-t-il mieux Eût lui-même, ou que ne l'a-t-il empêché de faire si mal? Si, au contraire, il n'avait rien prévu, il était imparfait lui-mtoie. ^

Apelles modifia aussi l'anthropologie de cette école. Il attribuait à Tame une origine divine; mais il la croyait dégénérée à la suite d'une chute provoquée par un mauvais esprit, un ange de feu, qui l'avait enlevée, par des séductions, à sa demeure oéleste, et l'avait attirée dans sa grossière existence corporelle.

Apelles s'attachait ici à une ancienne idée de la théosophie orientale, qui considérait le feu terrestre comme opposé à la lumière céleste, comme un élément dont se servaient les puissances sidérales pour tromper les hommes et combattre Tinfluence divine. Cette idée a même

1 Epiphane^ 1. c.

Page 1