CHAPITRE III
passé dans le langage des codes sacrés et dans celui des Pères : c'est ïange de perdition^ c'est Lucifer qui se revêt de lumière pour mieux trom* per ses yictiïnes. Elle se trouve, avec quelques modifications , dans plusieurs doctrines qui se rattachent plus ou moins à la Syrie. Dans celle des manichéens, on remarque une région de feu parmi les cinq élémens dont se compose l'empire des ténèbres ^ \ dans celle des Sabiens ^ les mauvais esprits se nomment des anges de feu ^ ^ dans celle des Cathari du moyen âge, qui tient incontestablement à l'ancien manichéisme, les âmes sont considérées comme des êtres célestes qu'un mauvais esprit a attirées dans ce corps matériel , d'où Jésus-Christ est venu les délivrer. ^
Son enveloppe terrestre excitant Thi^pmie sans cesse au mal et Ty entraînant souvent, le démiurge fut le premier à s'affliger du misérable état où se
1 Augustin* c. Episiolam fundam. , c* aS.
2 Codex nasarœus, éd. Norberg, /. 1 y p. 99.
3 Les cathari trouvaient cette doctrine dans un évangile apocryphe de S. Jean. Moneta, adv. Cath» et Wald., p, 5 «/ 56. Le feu y que l'opinion vulgaire place dans les enfers^ et quelques idées sur la nature ignée de Satan ^ n'ont paji d'autre origine que cette antique crojrance.
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trouvait une créature qu'il avait faite d'après un si beau modèle. U supplia le Dieu suprême de lui envoyer le Sauveur , afin de rétablir entre le monde inférieur et le monde supérieur les rapports qui devaient les imir. ^
Tel était le grand but qui fit descendre le Christ dans le monde de la matière. Ce n'était point, comme avait dit le maître , contre le gré du dé^ miurge; ce n'était point pour établir un ordre de choses qui renversât tout ce qui avait été fiât; ce n'était pas pour annoncer un dieu entièrement inconnu; enfin, ce n'était pas seulement en appor rencê qu'il se faisait voir, c'était en réalité et en chair. Cependant il n'avait pas pris cette chair de la vierge : en descendant du ciel sur la terre, il s'était omnposé, des quatre élémens, ulie enveloppe, un corps plus pur que celui que don-
1 Apetles, tout en admettant quelques idées et quelques êtres allégoriques du gnosticisme égyptien ^ rejeta le personnage de Sopliia-Achamoth par une sorte de sobriété dont il ayait hérité de Marcion. Il appliqua au démiui]ge la belle image de la hrehU égarée, que Simon entendit d'Eunoia-Hélène^ que les raientiniens fittribuaîent à Sophia- Achamoth, et que les chrétiens orthodoxes, dans le sens du Sauveur, interprétaient de l'ame éloignée de Dieu. Tertoll.^ De Pudicit.^ c. 7. Miinter, Sinnbilder d* a. Chr,y I, 60.