CHAPITRE III
nent rhomme et la femme. Cest ainsi qu'il se montra aux hommes. D'ailleurs, en remontant au plérôme, il laissa aux régions aériennes ce qu'il leur avait emprunté.
C'était encore une sorte de dokétisme qu'enseignait Âpelles. Il le rattachait aux idées qui avaient donné lieu au dokétisme ordinaire, à celles que se formaient les Juifs des derniers temps sur les apparitions des anges. ^
Ayant mis le démiurge dans d'autres rapports avec le Sauveur, Apelles fut obligé aussi de chanr ger la doctrine du maître sur les révélations du démiurge; et comme si le gnosticisme avait dû épuiser toutes les possibilités de l'incommensurable empire des hypothèses , il énonça à ce sujet plusieurs opinions aussi ingénieuses que nouvelles.
En effet, il admettait que le Sauveur lui-même avait inspiré une partie des révélations de l'an-* eien Testament, ainsi qu'il avait transmis au démiurge les idées ou les types tl'après lesquels ce dernier avait créé le monde, fl y a plus, le Sauveur, tout en aidant le démiurge, voulait que
1 Epipb., Hœres., 44* Tertull.^ De çamc Chrisii, €* 6. Addit* ad prœscripi, y 5i.
l'on distinguât soigneusement ce qui ya&ait de l'un ou de l'autre; il soutenait le démiurge par compassion, mais ne l'égalait pas jusqu'à lui; il désirait même que l'on connût le créateur dans toute sa faiblesse» et qu'on s'en éloignât; et afin qu'on ne confondît pa$ qe qui, dans les anciens codes, appartenait à l'un ou à l'autre, il en informait ses disciples K Voilà pourquoi il disait à ces derniers ce mot si connu de l'antiquité chré' tienne, quoiqu'il ne se trouve pas dans les quatre évangiles : Soyez de bons changeurs; c'est-à-dire, ainsi que les changeurs distinguent les bonnes et les mauvaises monnaies, apprenez à distinguer ce qui, dans les révélations, vient du Sauveur ou du démiurge.
Il est bien entendu qu'Âpelles se croyait lui* même bon changeur^ et qu'il prétendait distinguer y dans les écrits inspirés, comme le voulait Jésus-Christ
Il y distingua réellement. Il y admit des parties inspirées par le Soter. Mais, tout en se montrant en cela plus orthodoxe que son maître, qui avait condamné l'ancien Testament tout entier, il alla, dans sa critique, plus loin quje lui, sous
1 Epiphane^ 1. c.