‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 170 sur 173 · CHAPITRE lUè · texte numérisé non relu

CHAPITRE lUè

tm autre ^oint de vue. Marcîon n'avait établi des antithèses qu'entre l'ancien et le nouveau Testament; Apelles, suivant son principe de distinction, en trouva jusque dans les diverses parties du Code hébreu. Il s'efforça de montrer ces cop* tradictions dans un ouvrage intitulé Syllogismes. ^ U ne s'y borna même pas à rechercher des coDrtradictions : pour prouver la différence qui existe entre les inspirations du Christos et celles du démiurge, il releva de prétendues inconséquences, dans ces dernières.^

1 Ambrosius^ De paradiso, c. 5^ S* ^B.

2 Si le souffle de yîe^ disait-il, communiqué i l'homme^, suivant le oh. 2, t. 7, de la Genèse, n'a pas pu lui donner Vimmorialiié 9 comment le fruit d'un arbre a-t-il pu lui donner la mort, suivant la Genèse^ cb, Z, y. 22, U raisonnait arec la même forée sur le quatrième rerset de ce dernier chapitre. Comment le Créateur a-t-il pu se flatter d'effîrajrer l'homme par la menace de la mort^ la mort lui étant encore inconnue?

On Toit^ par ces exemples, que, si Pon trouve chez le» gnostiques ce que la sagesse de l'antiquité a dit de plus grave et de plus sublime, on j rencontre aussi par avance ce que la frivolité de quelques modernes a produit de plus piquant dans son genre. En efïèt, les ennemis du judaïsme n'ont rien dit de nouveau après Gelse^ Lucien^ Hiéroolès, Julien et quelques gno»tiques.

Cétait s'éloigner beaucoup de la sobîété des orthodoxes, dont Apelles, ainsi que beaucoup d'autres chefs de parti, désirak se rapprocher.

Cependant, dans un âge |dus avancé, à cette époqfue de la vie où la paix est pour Tame un besoin aussi impérieux que le combat l'est à une autre, Apelles, se souvenant de l'exemple qu'avait voulu donner son maître, prit, ou fit semblant d'avoir pris , le parti de renoncer à qudqnes-unes de ses opinions les plus caractéristiques. Il fit à Rhodon, prêtre de l'Asie mineure, qui fiit souvent son adversaire, l'aveu que la recherche du premier principe de toutes choses était la plus difficile de toutes les spéciilations; que, pour lui, il n'en admettait réellement qu'un seul; qu'à la vérité il ne pouvait pas en démontrer l'existence, mais qu'il y croyait; qu'il ne pouvait pas non plus résoudre toutes les difficultés à ce sujet, mais qu'il ne fallait pas se livrer trop à des discussions aussi abstraites ; qu'au surplus chacun devait demeurer dans sa foi, et que tous oeuxx qui mettaieut leur confiance dans le Sauveur, ne manqueraient ps de prendre part à la vie étemelle. *

1 EusehU Hist, eccles., V, i3.

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