‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 19 sur 173 · CHAPITRÉ K · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ K

d'Alexandrie, j'entende le livre de la Sagesse, souvent attribué à Salomon, mais pidblié dans Alexandrie, au plus tôt à la fin du second siècle qui a précédé notre ère*. Ainsi que Philon, Fauteur de cef traité adopte les opinions des sages de la Grèce et de TAâie; mais il les soumet à la sagesse supérieure de sa nation.

Au reste, tette science supérieure, cette gnosisj à laquelle ne manquait plus que ce nom, était beaucoup plus ancienne chez les Juifs; elle re- * montait même à Forigine de leur système religieux. Si l'on rie partage point l'opinion de ceux qui font de Moïse un épopte des mystères égyptiens, et qui voient, dans toutes ses institutions, le désir de conserver, entre le vulgaire et les initiés, la ligne de séparation qu'il avait trouvée en Egypte, on est forcé pour le moins de recV^nnaître, dans ses dispositions, une certaine démarcation, qui semble y correspondre. Non-seulement Moïse luimême et son frère, mais encore toute la- série des grands-pré très, le conseil des soixante-dix anciens et la chaîne des prophètes , étaient , suivant l'opi-

1 Matter^ Essai historique sur Tccole d'Alexandrie, 1. 1. p. 188$ t. O^ p. i4i.

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pion fjjè^ér^lej en possession d'une sâcsice supérieure K Les grands-prétres et les prophètes recevaient des communications directes de l'Être suprême, et l'on distinguait encore en eux l'honune inspiré momentanément et l'homme dans son état ordinaire. 2

Si ces distinctions , qui forment le premier ca-» ractère du gnosticisme, sont aussi anciennes dans les institutions j]^daîques, le syncrétisme, qui en est le second , s'y reconnaît également à une époque très-reculée, et ce n'est pas non plus Philon qui a donné en cela le premier exemple. Je ne parle point ici des empruntsfaits par Moise aux croyances et aux institutions de l'Egypte , quoiqu'ils soient

1 Notre assertion ne pouvant être douteuse que relativement aux soixante-dix anciens^ nous rappellerons ce que les Juifs lisaient au 4-^ livre de Moïse ^ eh. ii, y. 25 : Des"

cendit Dominus Auferens di spiritu qui erat in Moyse; et

dans Septuaginta vins. Cumque reqmeçisset in eis sfdriius, propietaçerunt nec ultra cessaçerunt,

2 Peu de gnostiques ont imité ces hautes prétentions; mais leurs amulettes^ qui embrassaient, dans le nom d'y^hraxas, l'ensemble des intelligences du plérôme, rappellent VVrvn et ThunUm du grand-prétre, dont les douze pierres, consacrées aux douze tribus^ embrassaient l'ensemble' du peuple de Dieu.

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