CHAPITRE I
élevés Mi-d«isus de toute espèce de doQMUrS^m de ceux qu'ont pu faire l'auteur du livre de Job, Samuel, Salômon ou c[uelques autres, écrivsdns dis^ tingués, soit à la littérature de l'Arabie, soit à celle de l'Orient en général ; mais de pe syncrétisme si frappant et si curieux qui s'établit entre les belles doctrines de la Perse et celles de la Palestine depuis la transplantation des Juifs sur les bords de TEuphrate et du Tigre.
Cest dans ce ^"and fiiit de l'histoire orientale qu'il £iut chercher l'origine du gnosticisme; ce sont les doctrines persanes > transportées par les Juifs dans la ville d'Alexandrie et confondues par leurs meilleurs écrivains avec celles de leurs saints codes et celles du platonisme, qui forment les élé<mens de la gnosis. Cest ce que va nous &ire voir un eonp d'œil sur les Juifs sous l'empire de la Perse, sur la doctriiie qu'ils trouvèrent dans cet empire, et sur celle qu'ils professèrent peu de temps après en être revenus. Le voyageur qui veut remonter aux origines d'un fleuve, ne craint pas de se pdrter sur tous les^ points d'où s'émanent les eaux qui le forment : le gnosticisme est un ^e ces fleuves qui - "il '■ ■
1 Tout TouTrage de Spencer, De kgibus Hehrœorum riiualâus, en fournit les preuves»
s'aIifi)em«Dt de mille sources diverias, et nous sommes dans la position d^un voyageur que ne doit effrayer aucune difficulté, puisque nous ne pouvons donner la solution du problème qui nous occupe, qu'après avoir exploré toutes les régions dont la gnosis réunit les dépouilles.
Les Juife , dont les institutions religieuses présentent dès leur origine des affinités si remarquables avec celles de FÉgypte, et qui ont toujours eu un penchant si prononcé pour les cultes , des autres peuples, n'ont pu- manquer de se Ëmiiliariser avec les doctrines de leurs vainqueurs. Ils ont dû connaître surtout celles de Zoroastre, que leur protecteur Cyrus paraît avoir feit répandre beaucoup plus qu'elles ne l'étaient avant son règne. Sanstdoute, dans les premiers temps ils onf considéré les Assyriens, lesGhaldéens, lesMèdes et les Perses comme leurs ennemis, et sans doute, dans l'origine, ces peuples se sont montrés tels envers la petite aationqu'ils enfermaient dans leur sein; mais, bientôt, des rapports différens et beaucoup plus doux paraissent s'être établis entre eux. Les Juifs obtinrent une Juridiction particulière, des juges et des gouverneurs de leur nation ; plusieurs d'entre eux furent revêtus de charges de confiance , et Daniel non-seulement fut J'iyni et le ministre des rois,
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il fut appélé'par eux à la tête du collège des^mages ^ Dès-lors il est évident qu'il a dû se. former entre les vainqueurs et lès vaincus des relations très^imimes, et dès-lors il est à présumer que les communications se sont étendues jusque sur les idées religieuses, qui ont toujours été, pour les peuples de l'antique Asie, l'objet de leurs plus chères spéculations. Les doctrines de la Perse offraient d'ailleurs aux Juifs quelques analogies qui ne manquèrent pas de les conduire aux emprunts les plus patens. Nous n'aurons , pour prouver cette fiisioh des croyances, qu'à rappeler successivement les caractères essentiels du système qu'ils trouvèrent en Perse et de celui qu'ils professèrent en rentrant en Palestine.
1 Daniel^ 2 ^ i à 49* Daniel, élevé au collège des mages, joua dans Babjlone le rôle que Philon^ élevé dans laphilosopliie platonique^ jouait en Egjpte. Cette « circonstance extraordinaire, quelque sens que Ton doive d'ailleurs attacher aux fonctions de chef des mages, autorisait les Juifs a opérer, entre la doctrine de leurs maîtres et la leur, toute espèce de fusion. L'exemple d'un prophète ne pouvait qu'être bon à suivre. Il est pourtant juste de dire, que les rabbins des temps postérieurs ont contesté à Daniel le titre de prophète, parce qu'il avait vécu hors de Palestine. Cf. Bertholdt, siïr l'institut des mages, à la suite de sa traduction de Daniel^ 11^ p; 289.
78 SECTION ï.
Dans le système du Zend-Avesta, le plus remarqteble et le plus célèbre de ceux qu'ils rencontrèrent en Asie S l'Etre suprême est qualifié de Temps sans bornes ^^ puisqu'on ne sait lui assigner aucune origine; il est tellement enveloppé dai^s sa gloire ; sa nature et ses attributs sont si peu accessibles à l'intelligence humaine, qu'il ne peut être pour elle que l'objet d'une silencieuse vénération. ^ Le commencement de la création se fît par émanation. La première émanation de l'Étemel fut la' Imnière primitive, et de cette lumière sortit le roi de lumière, Ormûzd. Au moyen de la parole^, Ormu2d créa le monde pur. Il en est lé conservateur et le juge; il est un être saint et céleste; il est l'intelligence et la sciencel ^
1 Nous verrons hientAt dans quçls rapports «a trouvaient les doctriaes persanes et cfaaldéeanes* a TéCruârU aluréné.
3 Zeod-ATcsta, vol. I, partie 2, p^ 4i4j Tol. II> p. 6.
4 Honover^ Z. A» 9 vol. I, partie 2, p. 85 et i39| li^^ 4ia,4i4.
5 Ibidem, p. 80, 4*4; vol. II; p. 345^ i5i. Il porte le titre de premier né du Temps ^ms bornes , et il a tou3 les pouvoirs de l'Être suprême. Il n'est pourtant^ à la rigueur, que le quatrième des êtres : ii a un ferouer, ou .une arne.