CHAPITRE I
Griéos et les Orientaux, par suite des. conquêtes d'Alexandre, expliquent peut-être ces rencontres encore mieux que les leçons prises par les Juifs dans leur exil. Cest ce qui nous engage à ne.re* chercher ici que l'influence exercée sur le judaïsme des temps postérieurs par les doctrines chaldéennes et persanes.
Cette influence fiit telle, qu'elle se montre dans toutes les branches et dans toutes les sectes des Juifs.
Le système qui domina chez eux depuis l'exil, est le Phariséisme, dont l'origine est d'autant plus ancienne qu'elle est difficile à déterminer exactement ^ S'il est hasardeux de dériver le nom des pharisiens de celui de parsi, comme a fait Y olney, <{ui joignait tant de vues fausses à des études et à des voyages qui auraient dû l'en garantir , il parait au moins que le parsisme a eu de l'influence sur le phariséisme. A l'exemple des Perses, le$
1 M. Dewette trouve aussi ^ dans l'enseignement des pharisîens^ les motifs de rapprocher leur origine des temps de l'exil. Voy. son Archéologie hébraïque ^ p. 55S. L'opinion de Josèphe^ qui dit que les Juifs avaient trois philosophies , ex Totî TTùLvù dù^etiov tSv TTûpptZv {Anûquit. XVIII, ij.2 )| ne prouve rien contre l'origine étrangère du phariséisme , car c'est l'assertion d'un écrivain qui attribue aux Juifs la priorité sur toutes les autres doctrines.
pbetoschim ou pharisiens, qui tenaient ce titre d'une science exclusive qu'ils prétendaient avoir 1, enseignaient une lutte constante entre Tempire du bien et celui du mal Comme les Perses : ils attri* huaient le mal et la chute de l'homme aux démons et à leur ch^, et, comme eux, ils admettaient une protection spéciale des bons par les agens infé*rieurs ou les agens de Jéhovah. Leur doctrine, sur ce sujet, était beaucoup plus riche que celle des saints codes, et la source à laquelle ils l'avaient puisée est trop en évidence pour qu'il soit besoin de la rechercher.^
1 Le mot tnA'( pluriel, 0*^011)) veut^dire inierprète y et cette désignation donnée aut pharisiens indiquait leur prétention de pouvoir, seuls, entendre le véritable sens des saints codes, par la tradition orale que Moïse avait reçue sur le mont Sinaï, et que les générations successives des initiés s'étaient, transmises inaltérées jusqu'à eux. Cf* Drusius^ de Tribus seeiis, etc., Uh, II, ç. 2. Cette tradition secrète était la ^nosis des pharisiens. Suidas, au mot ^etptffctiot , et S. £piphane, Hc^es. 16, dérivent leur nom de CTIA, séparer, et leur attribuent, ainsi que Joséphe [BelLjudaic. /> 5, 2 ), la prétention de savoir plus et de mieux vivre que les autres, ce qui correspond encore au gnosticisme. Yoj. aussi Ugolîni Thesaur, antiquité sacrarum^ t. XXII, p* FI, sq*
2 Leur costume même était étranger. Ugolinus, /. <.^