CHAPITRE I. gi
Il paraîtrait même que le sadducéisme ne iut , dans l'ori^ne, cp'une opposition essentiellement judaïque contre les enseignemens étrangers, et contre le mélange des doctrines adoptées par les
pharisiens ^ Aussi le peuple, toujours enclin au syncrétisme^ se prononça-t-il- pour les derniers, malgré la considération et les richesses dont jouissaient les autres. '
Quant aux Esséniens et aux Thérapeutes j le mélange des pratiques orientales et occidentales, des opinions persanes et pythagoriciennes, qui caractérise le philonisme, plus encore le gnos* ticîsme, est si patent chez les uns et les autres, qu'on ne saurait même le contester. Les uns. et les autres se distinguaient moins par des spécula* lions métaphysiques, que par de simples méditations et des pratiques morales; mais ces dernières partaient, presque toutes, du principe zoroastrien, qu'il faut dégager Famé des entraves et des in-
p* r. Leur croyance à l'influence des astres, p. xiv; à la métempsycose, p, XVI ; leur angélo-logie, p. xx; leur astronomie, p. XLVi, sont autant de doctrines étrangères.
1 D^ett^, BibUsche JDogmaiik , $S- i5q, i56, 161.
2 Jos^i Jntùfuit., Xlli, 10, 65 xrin, 1,4-^ Ugolinus, /. c.fp. LXX.
gS SECTION ï.
fhiences de la matière, ce qui les entrJEunàit dans des abstinences et des macérations entièrement opposées aux anciennes idées hébraïques. En général, la vie et les mœurs dé 'ces associations mystiques, telles que nou$ les peinent Philon et Josèphe S semblent être l'image de ce que le Zend-Avesta preiscrit au fidèle adorateur d'Ormuzd, et quelques-unes de leurs observances ne s'expliquent que par le Zend-Avesta^. Si ces deux sectes , dont l'une , celle des thérapeutes , habitait rÉgypte , surtout les environs d'Alexandrie , et dont l'autre, celle des esséniens, occupait quelques lieux de la Palestine , près de la mer Morte , se rencontrent dans leurs idées d'une manière si frappante, c'est encore un phénomène qu'une influence étrangère peut seule expliquer 5. Ceux des Juifs de la Palestine et de l'Egypte qui se montrèrent moins accessibles à cette influence.
1 Philon, Dt Vita ^ontemplatiça; Josèphe, Belhm juriak*, II, 8,7.
d Par exemple, la prière au lever du soleil, Bundebesch , n, Izeschne Ha, I, II.
5 M. Greuzer rapproche le nom des esséniem de celui de îff&nnç^yoy, HésjchiusetZonaras Ju^Àa^ vof^), prêtres de la ville d'Ephèse, et nous crojons, avec lui, que les pré*