CHAPITRE I. gS
différèrent essentieUement les uns des autres, comme nous avpQS déjà fait remarquer. Les Jui£i d'Egypte, sQus Tinfluence de la savante école grecque d'Alexandrie, s'efforçaient, en général, de mettre les doctrines de l'Orient plus en harmonie avec les antiques traditions de la Grèce, et de là vient que , dans le tableau des thérapeutes qu'a tracé Philon, nous* remarquons tant d'àna* logies avec les idées pythagoriciennes et orphi* qaes. Les Juifs de la Palestine, au contnaire, manquant de communications aussi intimes avec la Grèce, ou les dédaignant, s'attachèrent davantage aux doctrines orientales qu'ils venaient de prendre aux sources, et avec lesquelles les Êaniliarisaient toujours plu^ lès nombreuses relations qu'ils avaient en Perse, où était restée la majorité de leur peuple. C'est ce que nous montré la Kabbale, qui appartient plus à la Palestine qu'à
très essènes d'Éphése, les orphiques de la Thrace et les cnrètes de File de Crète, ne sont qu'autant de branches diverses d'une antique doctrine commune; mais cet illustre écrivain se prononce aussi pour l'origine asiatique de cette doctrine; et le nom des essfniens, que Ton a interprété piar prophètes t pieux, purs, n'est nullement, grec. Voy. Creuzer^ SymhoUk, roi. IV, p. 433.
l'Egypte, quoiqu'elle se ^oit également répandue dans ce pays.
L'origme des doctrines kabhalistiqnes a été placée quelquefois . après cdle du chrisuanisine , et il n'est pas impossible qu'elles aient reçu quelques développemens après cette époque; mais ses élé* mens remontent beaucoup plus haut Les écrits de Daniel en portent les traces les plus évidentes ^ et.à cette attestation monumentale se joignent des considérations non moins probantes. L'idée dé l'émanation est, pour ainsi dire, l'ame, le caractère essentiel de la Kabbale; or, c'est aussi le caractère le plus essentiel du zoroastrisme : il est donc à croire que c'est dans leurs rapports les plus intimes avec la Pefse, que les Juifs ont reçu cette idée. Des analogies ou des emprunts secondaires viennent, dans les théories des kabbalistes, se grouper, autour de ce principe fondamental, en si grand nombre, que la Kabbale se montre auprès du zoroastrisme comme la copie auprès de l'orignal. Si les Juifs assignent eux-mêmes à leurs spéculations kabbâiistiques une origine plus
1 Eichhom^ Bihliothek fur hihKsehe LùteraiUr, yoL Œ^ p. 797- '