CHAPITRE I
andemie , s^ils les ^rattachent à Moïse, aux patriarebes etau protoplaste, il faut, d'un côté, réduire ces exagérations hébraïques à leur valeur réelle, et, dW autre côté, leur accorder du moins ce qu'elles valent, c^strà-dire, reconnaître dans la^ Kabbale l'antiquité qu'elle a effectivement ^ La Kabbale , contemporaine du christianisme , ou postérieure à ce système, serait tout autre qu'elle n'est Lorsque les nouveaux platoniciens ont élevé leur système contre celui des chrétiens, ils en ont adopté les vérités les plus brillantes et les plus positives, en les déduisant des mythes les plus antiques de la Grèce, ou plutôt en les y transportant Julien fît la même chose lorsqu'il voulut restaurer cet hellénisme qui tombait de toute part avec ses monuimens , et dont il était Tenthousiaste le plus passionné. C'est aussi ce qu'auraient fait les auteurs de la Kabbale, s'ils avaient été contemporains du christianisme, ou postérieurs à cette religion. En général, quiconque connaît la littérature judaïque des premiers siècles de notre ère,
1 Voje£ les contes et les prétentions des Juifs sur Fantiquilté de la Kabbale^ dans Brucker^ Hist crit. philes., t. n^
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sait que les Juifs n'ont songé, à cette époque, qu'à conserver et à interpréter leurs anciennes doctrines; qu'ils n'ont pas créé alors les richesses de la Kabbale , qui sont plus considérables et
plus dignes d'attention que l'on ne croit ordinairement ^
U est donc évident à nos yeux que la Kabbale remonte aux temps de l'exil, et rien ne saurait mieux le prouver qu'elle^-uLême.
Suivant la Kabbale ^, comme suivant la doctrine
1 L'auteur anoDjme de l'ouvrage intitulé PhiîosophU de r histoire ou Sur la tradition (Francfort, 1827), sans entrer dans la question de l'origine étrangère de la Kabbale, ouvre sur ce système une série de vues nouvelles, et expose, entre autres, avec une grande connaissance de la chose, les efforts que firent les Juifs d'Occident et d'Orient pour cacher aux chrétiens quelquesruns de leurs principaux écrits.
2 Le mot de Ti^2p vient de la racine Vap accipere, et signifie chose reçue par triansmission , tradition, écrite ou orale. Yoy. Knorr à Rosenrotb, Kahbala denudata; Béer, Histoire des sedtes judaïques anciennes et modernes, Briinn, 2 vol. in-8.*^, t. n, p. 5. Les sources auxquelles nous puisons la connaissance des doctrines kabballstiques sont les livres Jezirah et Sohar, dont le premier a été rédigé, au second siècle de notre ère, par Rabi Akhiba, d'après les anciens docuinens, et le second, un peu plus tard, par l'élève d'Akhiba , Siméon Ben Jochaï. L'un et l'autre de ces