‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 3 sur 173 · IJ PREFACE · texte numérisé non relu

IJ PREFACE

Elle Ta emporté sur les difficultés graves que présentait une question aussi vaste, éclairée par des monumens aussi rares ^ débattue par des écrivains aussi distingués.

Ces difficultés sont même devenues un attrait , quand j'ai entrevu les découvertes qu'il était permis de faire encore sur uu champ si souvent fouillé dans ses entrailles, mais dont les fouilles, heureusement pour les explorateurs de notre siècle , ont été parfois dirigées d'après des vues qui semblaient réserver les plus beaux trésors pour

d'autres âges^

En effet, les monumens qui nous apprennent le gnosticisme, les tendances des gnostiques et l'esprit de leurs doctrines, ont été jugés long-temps avec une partialité tellement aveugle, que le gnosticisme était à peu près inconnu.

Nos anciens écrivains, à commencer par ceux du seizième siècle, que tant de raisons * devaient engager à l'impartialité, appliquèrent constamment aux libres partisans de

PRÉFACE. iij

la gnose le système orthodoxe dans lequel avaient été élevés leurs premiers adversaires, les Irénée, les Epiphane, les Théodoret. En exposant quelques-unes de ces opinions gnostiques, que d'avance ils taxaient de blasphématoires, qu'ils rendaient telles en les isolant de celles qui les motivaient, qui les expliquaient, qui les eussent fait admirer, et en y joignant quelques sentences de condamnation traditionnelle, ils se flattaient d'avoir rendu justice à ces théosophes-

Beausobre et Arnold donnèrent enfin un meilleur exemple, l'un dans l'histoire critique de Manichée et du manichéisme; l'autre dans l'histoire générale de l'Eglise chrétienne. Cependant le grand Mosheim lui-même dédaigna de suivre les traces de l'un ou de l'autre , et Mosheim était d'unie autorité à subjuguer bien des esprits.

D'ailleurs le manichéisme, exposé par Beausobre avec une prolixité extrême , n'offrait qu'une branche très-secondairei du gnosticisme , et la partialité du mys»

iv PRÉFACE.

tique Arnold pour les docteurs dissidens de tous les âge^, n'était guère propre à vaincre la partialité contraire. Aussi la gnose n'était-elle pas jugée, quand M. Pîéander entreprit de la présenter, non d'après les croyances d'une Église, d'un parti philosophique ou théosopbique quelconque, mais d'après elle-même* Le succès quobtinrent ses recherches, l'émulation qu'elles firent naître autour de lui, et cette espèce de vogue qu'ont acquise tout à coup, sur tous les points de l'Europe savante, les spéculations des gnostiques, semblaient indiquer qu'après quinze siècles d'injustice était venu le moment de les faire apprécier à leur juste valeur.

L'Académie royale des inscriptions et belles -lettres, qui, depuis long-temps, ap* partient à l'univers littéraire autant qu'à la France , et qui , par les questions si profondes, si importantes qu'elle pose tous les ans, veut bien permettre aux néophytes de la science de cueillir Quelques feuilles dé laurier dans

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