CHAPITRE I
Il a pu, néanmoins, se perfectionner et se confondre toujours plus avec celui des Perses, dans le eours des derniers siècles de l'ancienne ère. Les Juifs ne cessèrent, même après l'exil, d'entretenir avec leurs anciens maîtres les rapports les plus intimes. Beaucoup de familles judaïques avaient refusé la faveur du retour, cpie leur accordait l'édit de Cyrus , et leurs nouveaux établissemens valaient, sans doute, infiniment mieux que le dénuement qu'ils allaient trouver en Palestine, que peuplaient et que «cultivaient leurs ennemis, les Samaritains et quelques colonies étrangères, aussi pauvres et plus superstitieuses que le peupie de Samarie.
Les principaux établissemens littéraires du judaïsme paraissent aussi avoir appartenu à l'Asie centrale; les écoles de Nahardea, de Sora, de Pumbeditha, furent au moins aussi célèbres que les écoles contemporaines de la Palestine ^ Ces dernières paraissent même avoir eu de la déférence pour les docteurs de l'exil : la paraphrase chaldaique du Pentateuque , faite par Onkelos
1 Jasiphi AntiquiU judaic, lih. 18, r. \2y Buxtorf^ Tiberias, p. 2 5.
de Babylone, fut reçue par tous les*Juife de la Palestine^ et le rabbin Hillel, qui se rendit de Babylone à Jérusalem, fut accueilli, par les dbcteurs de Tantigue cité sainte , comme un meml)re de la même école nationale.
Ainsi, unci double série de conununications était établie entre l'Asie centrale et les régions de la Méditerranée, depuis l'exil des Juifs et les conquêtes d'Alexandre. Les Grecs de l'Asie mineure, de l'Europe et de l'Afrique ne cessaient de visiter PAsie centrale, et de recevoir, dans leurs pays, les fils de leurs frères nés sur les bords du Tigre et de TEùphrate ; et , de leur côté , les Juifs entretenaient, dans les mêmes contrées, les relations les plus, ultimes. C'est ce qui ^ons. explique cette double invasion . de doctrines orientales , que l'on remarque, et dan^s les opinions judaïques et dans les systèmes grecs, à l'approche de l'ère chrétienne, et cet échange si sensible, qui se fait , à la même époque , entre les Grecs et les Juifs, dans cet immense confluent de toutes les doctrines, que l'on nomme vulgairement l'école d'Alexandrie.
L'invasion du langage et des doctrines de l'Orient, que nous avons déjà signalée dans la Kabbale, se montre de même dans le Talmudy dont