‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 43 sur 173 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

traduisit et rédigea ses codes en langue grecque, dès son origine^ et qui n'étudia guère cette langue qu'auprès des Juifs helléniens de l'Egypte et de la Syrie. 1

Nous n'entendons pourtant pas dire par là <pie les premiers écrivains du christianisme aient adopté euxHmèmes les idées gnostiqueis de leurs doctes contemporains; nous établissons seulement en Êdt que, pour exprimer leurs propres idées, ils durent nécessairement se servir du langage reçu parmi leurs contemporains. Loin d'adopter les opinions de la gnose de leur temps, ils les combattent avec feu; et cependant le langage. dont ils sont obligés de se servir dans cette iutte, est souvent le langage caractéristique de la gnose, le

1 S. Paul seul avait reçu une partie de son ëducatÎQn à Tarse en Giiicie; mais il ne parait pas qu'il ait fréquenté les écoles grecques de cette yOlè. S. Luc ^t S. Marc ont parcouru avec lui plusieurs r^ons où se parlait la langue grecque; mais le séjour de S. Paul à Gorinthe a été, seul, assez prolongé pour influer sur son langage. S. Jean , habitant Éphése , a pu également jr perfectionner le sien. Quant à S. Jacques et S. Pierre, leurs travaux apostoliques se bornant aux Juifs de la Palestine et des régions voisines, ne leur ont guère {Nro«uré l'oocasion d'étudier les délicatesses dû grec.

langage grec modifié, ou, si l'on veut, altéré par elle. Cette distinction, qui est essentidOie, est non-* seulement conforme à ce qui devait arriver, mais encore à ce qui existe réellement : elle «satisfait

à la critique et à la foi, et elle me sémUe de nature à rapprocher les partis qui se disputait depuis si long-temps sur les vestiges de la gnose, qu'on peut découvrir dans le^ codes des chrétiens. Dans tous les cas, il est aujourd'hui hors de doute que, des deux cotés, on est allé trop loin : les uns, les Hammond, les Brueker,. les Michaelis, les Mosheim et les Herder, en n^ôntsant, presque sur chaque page du Nouveau Testament, des traces de la soi-dÎ3ant philosophie orientale , du gnosticisme et du zoroastrisme; les autres, les Emesti, les Tittmann et leurs sectateurs, en allant jusqu'à nier, que les auteurs des volumes sacrés aient Êiit quelque allusion à ces doctrines. Cette grande question , ainsi que la question secondaire de l'existence d'une philosophie orientale, qui en&ntait encore de si vives discussions dans la seconde moitié du dernier siècle , se résout aujourd'hui par les moiiumens mêmes de la philosophie orientale, qui sont en présence du christianisme, et dont les doctrines étaient entrées, beaucoup plus qu'on ne croyait, dans les croyances

Page 1