CHAPITRE II
qui ameaèrent la religion chrétienne et modifièrent son preimer langage.
Le mot de yyZ<n^ se rencontre plusieurs fois dans les diverses parties du Nouveau Testament, dans le sens de connaissance approfondie des vérités du christianisme. Quelquefois il signifie la révélation ellennième, soit celle du Code* judaïque, soit celle du Code, chrétien. C'est dans ce sens que le fondateur du christianisme dit aux docteurs de l'ancienne loi : « Malheur à vous qui a vous êtes saisis de la clef de la science, et qui, R n'ayant pas pénétré dans ses sanctuaires, les avez « encore fermés aux autres ^ '' La science dont il est ici question, est évidemment Pensemble des ré- * véiations et des institutions divines du judaïsme, et Jésus-Christ semble attribuer, ici , à ses doctes compatriotes cette def des mystères ou cette science supérieure, que Philon célèbre avec tant d'enthousiasme, que Pythagore et Platon ne communi- (juaient qu'à leurs disciples les plus intimes, et que les gnostiques s'attribuèrent bientôt si exclusivement Le plus célèbre et le plus docte des apôtres du
1 S. Luc^ ch. 2, Y. 52,
chiistianisme, celui d'entre eux qui jôi^iait le plus de perspicacité et de génie à l'érudition allégorique des Juifs de son temps, S. Paul, emploie Je mot de yvcHms non^seulément dans le sais, de connaissance approfondie de Dieu- ou de la religion, mais dans «celui de pratique par&ite des yertus chrétiennes. La gnosis, dans ce sens, n'est autre chose que là vie d'un homme sage, dont la conduite noble et pure est en parfaite harmonie avec les plus hautes lumières ^ C'est à peu près ce que Pythagore et Zoroastre, ce que les esséniens et les thérapeutes «[itendaient, soit sous la religion, soit sous la philosophie.
Le même auteur chrétien se sert encore du mot de yvûûdtç dans une acception très-spéciale, lorsqu'il dit, au sujet des viandes provenant de sacrifices, que plusieurs personnes de Corinxhe refusaient d'admettre au nombre de leurs alimais : nous avons tous la yvoiats; mais la yvcSatç donne de l'orgueil, tandis que l'amour est utile. La yvZfTiÇ n'est, dans ce passage, que l'art de disputer pour ou contre une opinion.
Cependant S. Paul^ dans la même question.
1 Epitré aux Corinthiens^ ch. 2, y. i4*