‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 45 sur 173 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

emploie le mot de yvZc^ç d'une manière toute dîfFérente et bien plus remarquable. Les dieux auxquels on offre ces sacrifices, dit-il, n'existent pas : il n'est qu'un seul Dieu, comme nous n'avons qu'un seul Christ, par qui sont Êdtes toutes les choses et nous-mêmes. Mais tous n'ont pa^ encore cette ymtr^ç ^ Ici ce xexme n'est plus une vaine science; c'est la science la plus parfidte, la plus sacrée, l'intelligence des mystères qui constituent le caractère le plus essentiel du christia-^ nisme, la chiistolpgie apostolique, qui n'est pas celle du gnosticisme, mais à laquelle les gnosti** ques ont emprunté les {dus beaux traits de la leur.

* Plus les fondateurs et les premiers écrivains du christianisme se trouvaient, comme organes tfvme révélation suprême, dans le cas de s'attribuer cette science supérieure, cette sublime yv$(HÇj plus ils devaient se montrer jaloux de la distîpguer de toute autre, et de lui conserver son divin caractère. Dès-lors on conçoit qu'ils combattirent toute opinion étrangère à leur maître ou à leurs propres inspirations, avec la vigueur que leur don-

1 EpîtriB aux Corinthiens ^ ch. 8^ v. i à 9.

i:a8 SECTION I.

nait la conviction , qu'ils étaient moins les interprètes d'un système qui leur fut propre, que ceux de i'étemelle'vérité ellie-même. Tant que leur chef était au milieu d'eujic , aucun de ses partisans ne pouvait, sans inconséqu^ice, s'arroger sur lui une supériorité de vues quelconques. Mais il n'en était plus ainsi dès qu'ils se trouvaient séparés de celui qui était la vérité même; et, dès les pre* mier& temps de leur apostolat, ils rencontrèrent des hommes qui prétendaient voir plus loin qu'eux, et posséder des traditions qui leur manquaient

D'abord des chrétiens sortis du judaïsme soutinrent, qu'on ne pouvait arriver à la deuxième révélation que par la première, avec ses rites et ses symboles; ce qui s'était obsei^vé, en effet, jusqu'à la mort du fondateur de la nouvelle religion. Les apôtres eux-mêmes s'étaioit divisés, pendant quelque temps , sur cette question , dont la solution en sens judaïque pouvait ruiner leur cause* Heureusement les lumières et le séjour forcé de S. Paul à Tarse l'avaient fait décidel* dans le sens le plus large, le plus favorable à l'universalisme, qui est 1^ caractère distinctif du système chrétien. jVlais, malgré la solennité avec laquelle le particularisme judaïque avait été écarté par les apô-

Page 1