CHAPITRE II. l?t
H il met à prouver cette manière de voir ime chalem* qui a pu devenir plus tard, pour quelques gnostiques, le motif' ou le prétexte de leur antipathie pour les codes, les idées et les institur dons du judaïsme.
Les scissions se montrent bien plus évidentes encore dans les épîtres aux Corinthiens, écrites d'Éphèse l'an 67 de notre ère. Les habitans de Corinthe, de cette cité du luxe et de la corrup* tion, se distinguaient déjà, d'après plusieurs chefii de doctrine, et admettaient ainsi des différence» dans leurs enseignemens. L'im se disait partisan d'Apollon, l'autre de Géphas, le troisième de Paul, le quatrième de Christ Les auteurs de cea schismes et de ces hérésies ^ dénominations que donne S. Paul, n'étaient autres, selon lui, que les subtils docteurs iPune sagesse purement humaine ^ les philosophes et les érudiis trop vains de leur science ^ Ces érudits, ces philosophes et ces doc-i teurs, enflés, les uns du savoir de la Kabbale^ les autres de celui des mystères et des académies de la Grèce, avaient rabaissé lautorité de Tapotre. Us l'avaient peint comme un homme qui avait
1 Epitre aux Corinthiens^ ch. i^ y. 2o«
l^a SECTION I.
eu le bonheur d'entendre le fils de DUu^ et qui en avait reçu de hautes révélations; mais qui ne les présentait qu'avec le degré d'instruction et de génie qu'il avait eu en partage; tandis que ces mêmes révélations, communiquées à eux, devaient recevoir de leurs lumières et de leur science im éclat plus brillant et plus majestueux. Cest contre ces vaines jactances que s'élève Paul, et l'indignation qu'elles lui inspirent, lui arrache, de son côté 9 sur la philosophie comparée à la sagesse de Dieu, des assertions d'une extrême chaleur. Il oppose aux spéculations si souvent inutiles et désespérantes de la première, les révélations si positives, si satisfaisantes de la seconde, et montre, dans le christianisme, la science de ces profondeurs de Dieu, que la philosophie s'était occupée depuis si long-temps à étudier; qui formaient l'objet principal des méditations de la Kabbale, et allaient devenir celui de la gnose. L'apôtre donne le pneuma comme la clef de ces mystères qui découvrent les abîmes de la divinité > , et il fournit ainsi, sans le vouloir, aux gnostiques des temps postérieurs , une arme dont ils useront
1 Épitre I.'*a«x G)Dûtbiens, ch. 2, v. ix).