‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 48 sur 173 · CHAPITRE IL lS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL lS

contre ses successeurs orthodoxes. U combat avec la même vigueur, et une véritable supériorité de vues, les dons de langues et de prophéties dont^ abusaient déjà quelques partisans du christianisme, et se montre encore, sous ce rapport, le sage antagoniste de tout ce qui pouvait entraîner dans des égaremens.

Il serait pourtant possible, exi insistant sur quelques idées et sur quelques termes, de Ëdre voir, dans cet écrit, quelques analogies avec les doctrines caractéristiques de cette époque. L'idée que les hommes pourraient être les juges des anges ^ paraît empruntée aux kabbalistes; et celle que la société chrétienne, l'égUse^ forme avec son chef, Jésus*-Ghrist, un seul corps; que, par conséquent , tous ses membres doivent offrir des analogies, rappelle Ensoph et la classification des sepbiroth, adaptée aux diverses parties du corps hiamain.^

La seconde épître aux Corinthiens, écrite la même année et de la même ville, dans des vues semblables, et avec plus de chaleur encore, com-

1 Épitre I.'" auxGorinthieiijS^ cb. 6^ t. 3.

2 Voyez cULessas^ p. io4^ notes.

liât également des docteurs qui élevaient autel contre autel, comme le firent d'autres précurseurs du gnosticisme. Rien ne caractérise pourtant spécialement ces adversaires de l'apôtre comme formant un parti gnostique. Mais Fapôtre lui-même, toM en les combattant, semble professer quelques-unes des opinions empruntées à rOrient pr les docteurs du judaïsme, et il énonce quelques principes que les gnostiques n'ont fait que dévelojpper. L'idée que le chef des mauvais esprits , Satan, dont le nom même appartient à l'Asie centrale,^ déguise quelquefois en ange de lumière pour mieux tromper ses victimes ^ ne se trouve pas dans les anciens codes judaïques, et parait provetiir du système de Zoroastre. Il en est de même de l'ange de Satan , qui ne cesse de frapper l'apôtre^ et du dieu de cette période^ qui aveugle les infidèles ^. Cette dernière idée est absolument analogue à celle de Zoroastre, qui attribue au chef des ténèbres la domination du monde durant certaines périodes.

1 Épitre n aux G)rinfhiens, ch. ii, y. i4»

a Ihid., 17,7. Voy. Herder, Erlàuttnmgen zum iV. T» aus morgenlàniischen Quèllen (Riga, 1775), p. iS. 3 Herder, p. 48*

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