CHAPITRE IL lS
îfvak autre cAté, S. Paul énonce quelques principes dont les gnostiques ont profité pour leurs systèmes avec beaucoup d'habileté. Ils ont poussé jusqu'à l'excès sa maxime, que la lettre tue, et que c'est l'esprit qui vivifie»; ils ont rejeté l'interprétation grammaticale partout où elle les con-^ trariait; ils se sont attachés au spiritualisme et aux déclarations anti* judaïques de S. Paul, au point de considérer les institutions ihosaîques, soit comme autant d'emblèmes , soit comme autant d'essais grossiers et élémentaires, soit, en général , comme autant de dispositions tellement imparfaites, qu'elles étaient à peine dignes des esprits inférieurs du monde des intelligences. Ils ont usé de même du principe que là où est PeS'^ prit de Dieu^ là est la liberté^; et le but tout entier de leurs doctrines , tout aussi bien que les hautes prétentions de leurs enseignemens , semblaient peints dans ces mots de S. Paul : Nos vero omnes reçélata faciêy ghriam Dqmini spéculantes , m tandem imaginem transformamur a claritate in clàritatem^ tanquam a Domini spiritu. Cétait là
1 Epitre n aux Corinthiens ^ ch. 5, v. &.
2 Ibid., r. 17.
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absolument le résultat auquel tendaient toua leurs efforts, et la gloire à laquelle la gngsis seule, ou la science chrétienne, telle que la possédaient les seuls gnostiques , pouvait conduire ses initiés.
Le symbole de la ^(p^ceylç^ si cher aux gnostiques, se rattachait aussi à un passage de cet écrit*
La ville de Rome étant, pa^ sa position, son langage et ses doctrines, encore plus éloignée que celle de Corinthe du théâtre des nouvelles agitations philosophiques et reUgieuses, on con* çoit que la lettre adressée aux chrétiens de cette ville offre moins d'élémens à nos recherches.
Cependant lapôtre parle à une communauté composée de Juife et de payens parlant grec, les uns et les autres , et diviséS , comme partout ailleurs, en chrétiens apostoliques .e( en chrétiens jud^sans. Il combat ces derniers avec des armes qui paraissent avoir ramené , dans le sein de la société chrétienne de Rome, cette unité et cette orthodoxie qu'elle s'est bientôt attachée à défendre particuUèrement, et contre laquelle sont ve-
1 Epitre n aux Corinthiens, ch. i , r* 22. (S luti ff^pet^ ytffeifMvoç ifxZç, zeà ^ç rèv dpfctJSSvût top vfivfÂciloç