CHAPITRE ÎI. l
mythes et aux généalogies^ c'est^i-dire aux théories d'émanation des éons-sephiroth , et à toutes le$ traditions sur les bons et les mauvais esprits, ^e les kfibbaUstes avaient adoptées du système de Zoroastre, que Philon et son école avaient empruntées des Grecs, et qui s'étaient répandues même en dehors de leurs écoles. D'ailleurs, plus on examine cette remarquable épître, plus on y voit de preuves irrécusables de l'existence de ces doctrines qui ont précédé le gnosticisme, malgré les dénégations de certains interprètes , qui s'attachent, par système, à eflfacer des codes chrétiens toutes les traces de ces doctrines, comme d'au-r très s'étaient fait un' système pour les y montrer partout ^ S. Paul, après avoir parlé de quelque$ principes- d'un ascétisme condamnable, qUi rap-* {Niellent ceux des esséniens traits pour traits; adresse au chef des chrétiens ces paroles remarquables : (c Garder le dépôt qui vous a été confié, « fuyant les profanes nouveautés ^ et les antithèses
1 Tiltmann, De 'fiesiigus gnostûorum in N. T, frustra juœsîtis. Lips., 17735 in-S."
s Keuvo^taviatç^ ou, d'après tine variante, utvé^eùvietçy mines vanieries de science, désignation «paiement applica-^ ble au genre d'adversaires qù!entend l'apôtFe«
l4o SECTION I.
« de cette fausse gnosis \ dont quelques-iiair fei< ic sant profession , se sont égarés de la foi chrécc tienne. '' Sans doute ce n'étaient pas de simples fidèles 9 que ces nouveaux chrétiens qui préten-^ daient ainsi se placer au->dessus de l'enseignement apostolique, le perfectionner et l'enrichir, qui opposaient ainsi à la vérUable gnosisy à la rêvélation chrétienne, \mt fausse gnosis j des spéculations supérieures à cette révélation; qui en frisaient une sorte de science, et une science posant ses principes par antithèses. Que peut-on voir dans ces antithèses, si ce n'est les principes mêmes du Zend-Avesta et de la Kabbale sur les deux empires, celui des lumières et celui des ténèbres; sur les deux grandes classes des, intelligences , celle des bons et celle des mauvab esprits; sur la lutte permanente des uns et des autres? Or, ce sont ces antithèses, ces principes de dualisme, qui constituent l'un des caractères les plus essentiels des doctrines gnostiques, et- nous voyons
1 Citiit fausse gnosis, -^vJ'eiyvfjuiç yyStrtÇj n'est certainement pas sjnonjme dephilosophkicomme prétend Tittmann ; ce n'est pas non plus la gnosis de Valentin ou de Marcion : mais ce sont les élëmens de ces doctrines^ les spéculations orientales et kaUalistiques^ qui les ont préparées.