CHAPITRE II
primitive et céleste destinée Deux autres passages de cette épitre me paraissent devoir s'expliquer d'unç manière analogue. Quand S. Paul, dit aux Éphésiens : Vous étiez morts dans l'erreur, dans les péchés; vous marchiez selon Véon de ce monde^, selon V archonte qui a la domination de l'air; lorsqu'il ajoute : Et moi aussi, je suivais les impre»^ sions de la chair, on ne peut que se rappeler Àhriman et Bélial, les devrs et les klippoth, qui , suivant Zoroastre , la. Kabhale et Philon, rempUssent les airs, circonviennent les hommes, obscurcissent leurs fecultés intellectuelles, et leur inspirent les voluptés. Cette observation se reproduit avec bien plus de force, et l'on se rappelle toute la lutte des deux empires, quand l'apôtre dit ailleurs : Revétez-vous de l'armure de Dieu ; car ce n'est pas seulement contre la chair et le sang que nous combattons, c'est .contre les do-. minationS) les puissances, les msdtres des ténèbres, la méchanceté des esprits dans les célestes. ^ Le péril qui agitait la société des chrétiens
1 KùpÀ roV ilSvA TOV KOff/JM T«7«> Ch. 2, Y, 2. *
2 Les mots de etf^aù, i^yiffieu, KOfffxoKpetlofêç, ffHo]oçy sont autant de termes du gnosticisme, et répondent à autant d'idées persanes, kabbalistiques et^philoniennes. •
l44 SECTION I.
d'Éphèse menaçait les communautés de la Phiy-' gie, celles desColossiens, celle de Laodicée et plusieurs autres. S. Paul, qui en est informé .à Rome par Épaphras, que l'on peut regarder coiâme le fondateur d'une partie de ces églises, adresse aussitôt à la première, et, sans doute ^ poUr les autrès, une épître analogue à celles que nous venons d'exanûner. Si d'autres se vantent, de leur enseigner des doctrines supérieures et leur conmiuni* quer un spiritualisme qui les élève jusqu'à la divinité, l'apôtre, de son côté, leur rappelle, qu'il n'a cessé de faire tous ses efforts, pour qu'ils eussent une par&ite connaissance de la volonté divine ^ et qu'ils vécussent en toute sagesse^, dans l'intelligence complète des choses spirituelles.^ Si d'autres leur parlent d'un empire de ténèbres, dont les agens séduisent les hommes, S. Paul leur dit, que Dieu les appelle dans l'empire des saints, dans l'empire de la Ixmiière; qu'il les arrache à la domination des tétièbres^, et les place
sh. 1.
3 Kflù fftjvifftt TrviVfjLûpiKii*
CHÀPITRJ& II. 'l45
dans l'empire du fils de son amour ^ Si d'autres leur annoncent la purification des péchés par Ormuzd et ses iseds» ou par Ensoph, b premier né de Dieu, et par ses anges, Tapôtre leur montre par qui les chrétiens sont rachetés de leurs &utes^. Lorsque les disciples 4^ la K^bi^ale ou du Zend-Avesta célèbrent leur dieu, invisible, in* connu, incompréhensible à l'inteUigence humaine, et le premier né de la création, ou En* soph, en qui resplendit Timage de Dieu; par qui ont été créées toutes les choses et de qui sont émanés tous les esprits, le docte Paul leur £dt voir quel est le Beoç ocoçuloç; qui eu est limage; quel est le Tr^ofloIcKoç de la création; qui a &it toutes les choses dans les cieux et sur la terre, et les diverses classes de principes et d'intelligences^. Si les mystiques adversaires des chrétiens apostoUques enseignent que tout existe dans Or« muzd ou dans Ensoph, Tapôtre répond que Jésus- Christ a été avant toutes choses , qu'^es sont toutes en lui, et qu'il est surtout la tête du corps
riv t^ewtXêtAf tS JiS rnç ciyebrnç dtflii* a Ch. u
l46 SECTION I.
de l'Église^. Si les doctrines qui s'attribuent Id supériorité sur toutes les autres, admettent une ^ infinité d'êtres ou d'éons tous analogues, plus ou nioins, à l'Être suprême, et constituent avec lui le pléréme des intelligences, Paul leur oppose un &it que Ton ef^pu constate^de son temps, et tme doctrine qui s'y rattache lona^u UpUr&me delà divinité habiter en Jésus^Chrisl^:, et deux fois il reproduit cette idée 5, comme deux fois il répété celle, que Jéjus-Christ est le chef de to.ut principe et de toute puissance. L'^ôtre aurait-il prévu,. que bientôt les gnostiques enlèveraient ce rang à letLi* CSiristos, plaçant, entre lui et la divinité, une âérie d^autres éons et intelligences? ou bien ces gnostiques auraient-ils déjà existé secrètement dès cette époque? Quand on voit S. Paul combattre, avec tant dé chaleur et tant d'insistance, les opinions les plus caractéristiques du gnosticisme, la ques-» tion ne parait plus en être une; et quand on le Voit frapper la gnosis jusquef dans son né^m, jus« que dans ses prétentions les plus chères, on ne
1 Gh. 1, T. i8 et 19.
al Ihiâ.j V. 19.
3 Gh. a, y. 9. u7# iv dtflS KopoêKis' ttav to Trkifaïutnriç &éolti]oç XOMATIlCnS.- . v -