CHAPITRE il
peut se refuser de croire, que sî le parti qu'il réfute ne prenait pas encore le nom de gnostiques, sa science au moins se désignait déjà par le mot de gnosis. Voici un dernier passage que nous citons à ce sujet : « Je ne veux pas vous cachet (( comment j'ai combattu pour vous et ceux de
« Laodicée, ainsi que plusieurs autres pour
« que leur ame fût conduite dans toutes les ri- K chesses d'une complète instruction et d'une en- (( tière connaissanc^e du mystère de Dieu, dan» (( lequel sont cachés tous les trésors de la (To(p{cc « et de la yv5(T/ff. * " Ici, comme ailleurs, le plus énidit des chefs chrétiens oppose la gnosis véritable, celle de la révélation, à la fausse gnosis, celle des spéculations orientales; et^c'est^ absolument de la même manière que S. dénient d'Alexan* drie procède encore, un siècle plus tard. Les traces du gnosticisme sont tellement patentes dans toute cette épître , que les interprètes de tous les temps les cm remarquées. Ils se sont pourtant divisée sur la question de savoir, quelle secte particulière il ËiUait reconnaître dans les adversaires de l'afôire. Chez les modernes , Grotius et Storr ont
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pensé à des syncrétistes du judaïsme et du pythagoréisme ; Michaelis croit que S. Paul pourrait avoir eu en vue un certain Apollon d'Alexandrie , dont il est question dans les Actes des apôtres comme d'un chef de secte ; MM. Kïeuker et Eichhom , et les exégètes postérieurs à la découverte du Zend-Avesta , songent plutôt à des kabbalistes familiarisés avec les idées persanes ^ Une observation qui doit concilier toutes les divergences, est celle-ci, qu'il est impossible d'articuler un nom de parti, à une époqUe où ces précurseurs du gnosticisme n'avaient pas encore de ces noms. ,
La lettre aux Philippiens, écrite de Rome la même année que la précédente, en 61 , ne contient aucune trace de scission, sauf une légère allusion à des chrétiens judaïsans, et une autre à deux dames dé la communauté, qui paraissent n'avoir pas vécu en parfaite harmonie. Une ville de la Macédoine pouvait être à l'abri de toutes sortes de séductions métaphyMques*
Cest plutôt dans les régions plus rapprochées
1 Bertholdt, Einkiiung in dU Schriftên des A. u. des N> T»f t. 6^ p» 3458.