‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 55 sur 173 · CHAPITRE IT. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT. l

de rÉgypte et de la Syrie que se remarquent, pendant le premier siècle de l'ère chrétienne, les progrès de ces docteurs qui élèvent, au second, des écoles si nombreuses. Dans la lettre à Titus, chef de la commimauté chrétienne des diverses parties de Me de Crète, écrite quatre ans plus tard, S. Paul recommande itérativement à son disciple, de combattre les vaines généalogies, les inutiles spéculations et les fables judaïques K Déjà le danger était tel, «que Titus devait éviter toute espèce de rapports* avec les scissionnaires. ^

Cependant, de tous les écrits de S. Paul, la lettre aux Hébreux , si elle est de lui , est cdui cpà semble attester le plus hautement Texistence de doctrines gnostiquesi Cette circonstance s'exr pllqae par l'adresse même de l'épître. Ce n'est pas pour les Juifs en général , c'est pour les Hé> breux qu'elle est écrite ^ c'est-à^ire, pour ceux des Juifs qui, par leur langage et leurs mœurs, se caractérisaient encore comme de véritables Hébreux, et se distinguaient avec orgueil des Juifs hellénistes répandus parmi les peuples par*

1 Cb. 1, lo, i45 ch. 3, 9*

2 Gh. 3i ijq«

lant gr«c, et imitant les mœurs et le langage de c^ peuples. Dès-lors on conçoit que les opinions zoroastriennçs, Labbalistiques et esséniennes fur^t plus familières aux Hébreux qu'aux autres Juifs. Il y a pourtant lieu de croire, que S. Paul combat aussi, dans ce Traité épistolaire, des idées pbiloniennes. En effet, on y rencontre tous les germes du gnosticisme. Lorsque S. Paul y dit, dès le début, que Dieu a fidt le monde (rovs imyces) par Jésu^Ghrist; que le Sauveur est l'image de sa gloire, le caractère de son 'essence (%â0^«tc7i7^ rHiç v7ro«su<TSc^ civ]è\ portant tout dans la parole 4à sa puissance , étant supérieur aux anges d^aulant que son nom est plus beau que. le leur, ne semble-t-il pas dire aux partisans du Zoid-Ayesta, de la Kabbale et du pbilonisme, que le véritable Ormuzd, le «véritable Ensoph, le véritable Logos, e»t Jésus*Gbrist? Lorsqu'il ajoute que tous les anges r adorent, ne semble-t'-il pas dire aux gnostiques, que Jésus-Christ est élevé. au-dessus de tous ces éons qu'ils placent entre eux et le Tfeêl^ &yvê><so^'i Le premier chapitre tout entier de cet écrit parait n'avoir point d'autre but

Le second, en déclarant ^ que le monde futur n'est paa subordonné aux anges, ne semblô-tril pas combattre encore une idée persane, judaï^^»

C0APITR£'II. a5l

philonienne et gnostique , cdle qui attribue aux anges le gouver&ement du monde actuel? Un passage de ce dbapitre s^oppose même à la fois à une opinion généralement reçue en Orient, et à une idée spéciale des précurseurs de la gnosis, au dokétisme : c'est lorsque S. Paul dit que .Jésus- Christ a pris chair et sang^ afin^d'ôter à Sata;a son pouvoir de donner la mort C'était dire aux dokètes, que Jésus-Christ n'avait pas seulement une apparence dfi corps humain ^ mais un corps réel; et c'était préciser, sur .Satan, l'idée des kabbalistes et des zoroastriens sur linfliience d'Ahrinmn et de BéliaU qui répandaient la mort spirituelle parmi les hommes.

Paul. le pressentait bien : toutes ces spéculations, empruntées à des systèmes si divers, ne pouvaient qu'embarrasser la société ehréûenne et gêner le développement moral de l'homme, sur^ tout ce beau sentiment d'amour ou de charité, dont la puissance n'avait été appréciée encore dans une autre doctrine comme U le fut dans le christianisme, et qui nulle part n'a produit au-» tant de merveilles que dans les nations chrétiennes. En général , ces spéculations tuaient nonseulement la charité , mais encore cette résignation aux destinées humaines ou aux volontés

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suprêmes, qui est à la fois. si belle et si néces^ saire, et qui exerce sur rhomme religieux une influence si salutaire et si puissante, sous les formes de la foi et de Tespérance. Ces sentimens étant si importans pour l'homme, surtout dans l'état moral où se trouvaient les peuples qu'on appelait au christianisme, et les spéculations métaphysiques sur les dogmes ne pouvant que nuire au sknple fidèle, l'apôtre recommande, dans .tout le chapitre 1 1 de sa lettre , le contraire dé cette ambitieuse gnosis^ la bienÊiisante pistis. .

D:'un autre côté, nous devons avouer que les gnostiques eux-mêmes ont pu tirer parti de cette épitre, S. Paul semble admettre une parole donnée par les anges % et les gnostiques enseignèrent bientôt que les anges étaient les auteurs du mosaïsme. Plus loin, l'apôtre déclare que le Sauveur n'a pas adopté les anges, mais la descendance d'Abraham ^, et les gnostiques enseignèrent bientôt une double rédemption , l'une dans le monde des éons, l'autre parmi les homme& Ailleurs il célèbre la dignité sacerdotale de Melchisédeck^, et

1 Ch. 2, a. Ao^oç A«Aff9f/c a iyyiXGdVn /

2 Ibid., v. i6» /

3 Ch. 7.

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