CHAPITRE II. iSS
au troisièine siècle s'élève, sous l'influence du gnosticisme , une secte de melcbisédécites. Au chapitre lo il nomme la loi de Moise, dans le sens le plus orthodoiLe, l'ombre des biens spirituels qui devaient lui succéder; et bientôt les gnostiques combattirent cette ombre f comme une fille des ienèbpes.
L'épître de Jude ne porte aucune trace de gnosticisme; mais elle professe une opinion remarquable, dont il serait superflu d'indiquer l'origine : les anges, dit Jude, qui n'ont point gardé leur principautés Toaaiê ont abandonné leur première demeure, sont détenus dans les fers et les ténèbres jusqu'au grand jour du jugement 2.' La même idée se reproduit dans les épitres de S; Pierre 5, qui font également allusion à l'existence de quelques sectaires, et combattent également les Êbles judaïques. 4
1 Chute d'Ahriman, de Satan et de Bélial.
2 Ch. 1 , V. 6. »
3 Ëpître n, ch. 2, v. 4*
4 Ibid.f y, 1 et 18; ch. 1^ y. 16. Le premier de ces trois passages parle ouvertement de sectes et defoux prophètes, (}naiifiGation ordinaire des auteurs de doctrines étraugêres ;
second pourrait se rapporter aux Nicolaïtes ; fameux par la licence de levrs principes.
Les auteurs et les partisans de ces doctrines paraissent s'être multipliés avec une prodi^euse rapidité. Les premiers chefs du christianisme disparaissant peu à peu, renseignement, quel qu'il fût, devint nécessairement plus libre, et l'entraînement dans des doctrines autrefqis proscrites par l'autorité des apôtres, fut, par conséquent, plus facile. S. Jean, qui survécût à tous ses collègues, eut plus qu'eux la douleur de voir se renforcer les phalanges de la gnosis; et ses écrits, plus que. tous les autres monumens apostcdiques, portent les traces de la lutte que, dès-lors, le christianisme apostolique soutenait contre elle. L'évangile de S. Jean fîit écrit, vers la fin du premier siècle, à Éphèse, l'un des principaux foyers du gnosticisme gréco- oriental. A cette époque, et dans cette régiqn, les doctrines de la gnosis avaient Ëdt de tels progrès, qu'il ne s'agis* sait plus seulement de polémique, qu'U fallut des apologies, qui montrassent que le christianisme possédait toute la gnosis, mais bien plus encore. Cest là, ce nous semble, le but de la composition historico- dogmatique que nous appelons l'évangile de S. Jean , et ce doit être là la clef de son interprétation. Partout où la chose est possible , S. Jean oppose une vérité chrétienne