‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 59 sur 173 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

lutte entre Tesprit «t la matière, ou la lumière et les ténèbres, qui ne devait cesser qu'avec la fin des choses visibles. Cependant les fondateurs du chrisiianisQie montrèrent cette identification et cette union avec la Divinité , que l'on poursuivait jusqu'alovs, de tant de manières diverses, dans les moyens les plus simples, l'élévation de nos idées et l'épuration de nos sentimens, en un mot, dans le perfectionnement de nos facultés, toutes analogues à celles de Dieu, jusqu'à notre ressemblance avec lui. Prenant l'homme tel qu'il est, dans sa double organisation, le christianisme avait consacré quelques symboles, qui devaient rappeler sans cesse le but auquel tendaient toutes ses leçons. Tels étaient l'eau de purification du baptême, le pain et le vin de l'union avec ie monogénèsy comme la parfaite image de Dieu. Or, ces institutions commençaient déjà à s'altérer, et déjà plus d'un chrétien faisait , sur des symboles tout spirituels, des objections provenant d'idées toutes matérielles. Il est vrai que partout on célébrait encore la cène; mais, dans diverses agrégations, on croyait déjà devoir la modifier, l'interpréter. La gnosis conduisait, par elle-mêmç, au dernier but de la religion, à l'union avec Diéuj dès-lors elle croyait pouvoir faire de la cène et 1 11

iGa SECTION I.

du bsq[>téme tout autre chose que ce qu'en ayaient fiât les ehe& du cdiristianisme, auxquels elle ne recoimaksak pas là véritable science de leur dhin maître. Voilà 5 sans doute, pourquoi révaàgélisle montre saûs cesse que l'union du chrétien avec Dieu est toute spirituelle; voilà poufiquoi il la présente sous toutes sortes d'emblèmes ' ; voilà pourquoi il montre la nécessité du baptême pour obtenir le pneuma, et la nécessité de la cène pour être uni avec Jésus-Christ^ : mais voilà aussi pourquoi il montre, surtout, que toutes ces communications sont purement symboliques^, et que notre union avec Jésus-<3iri$t est toute spirituelle; que cette union avec lui est la plus parfaite union ayec Dieu, parce qu'il est, lui, la plus par£iite image de Dieu 4. U y a là une suite d'idées, une distribution

1 Jésus-Christ est le pain céleste^ la source d'eau yUt qui nous alimente, le cep de vigne auquel nous tenons.

2 €h. jf y. S6. Celui qui mange ma chair et hoit mon sang demeure en moi^ et je demeure en lui.

3 Ibid., 63. C'est le pneuma, l'esprit qui rivifie : la chair n'est pas utile; les paroles que je dis sont l'esprit et la yie.

4 An ch. 17, qui renferme les plus belles choses qu'ait jamais prononcées une bouche humaiiie^ tpute l'oeruvre de Jésu84]lhrist est peinte dans ces mûtSi : Je f ai fait connaître aux hothnfies àâni to«te ta gloire.

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progressîye de hauts e]iseigiiemen&, et une série de dé?eloppcanieiis apologétiques d'une telle délicatesse ^ que nous ne somiMS point sorpris de l'extrême divergence des inteiprétations cpe l'on a données sur le chef-d'œuyre du ohristianisme. Eu effet, il n'est guère d'écrits dans la littérature chrétienne que l'on ait plus souvent et plus diffîi^ remment expliqués. Déjà les exégëtes des premiers siècles lui reconnurent un caractère panieulier» Suivant Origëne, Eûsèbe et S. Cbrysostome, il est l'ouvrage d'un pheuma supérieur ^ Les interprètes modernes, y trouvent, les uns, une noble et imposante simplicité^, les autres, un mysticisme assez obscur et assez embarrassé dans ses idées comme d^s son langage^; d'autres encore le regardent comme l'ouvrage d'un faussaire, ou du moins comme étranger à S. Jean l'évangéliste. 4

1 Orig., Comment» in Joann. E9.; Eoseb.^ Hist» eccLp 6^ i4; Ghrjsost.^ HomiL 2. in Joh.

2 Herder, Erlàuterungen zum N> T,

3 Wc^scheider^ Introduction à réyangîle de S. Jean.

4 Gludius f Der Apostel Johannes und seine Aushger vor àem jungsten Gerichte ; Bretschneider, Probahitia de eçan^ ^iio et epistolarum Joannis indole. Lipsiœ, 1820. Cf. les réfutations de ce dernier Ouvrage par Hemden^' Crome^ Weber, etc.

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La divergence des opinions ti'est pas moins grande lorsqu'il s'agit du but que s'est proposé Fauteor de 'Cette composition, et dès lecteurs ou des 'adversaires qu'il a eus en vue» Suivant les unç, cet évangile est dirigé contre les Juifs de. toutes les classes, Juifs de la Palestine, Juifs de l'Egypte, kabbalistes , phUoniens et hellénistes, chrétiens juda'isans et Juifs anti- chrétiens ^^ suivant d'autres, il combat les Simoniens et les Cérinthi^s', les disciples du baptiste^ et les gnostiques en général 4* suivant d'autres, enfin, c'est aux payens qu'il s'adresse^, et c'est à tous les, hommes dignes de l'entendre qu'il communique l'antique doctrine de la lumière, dont Zoroastre a connu quelques rayons qui s'étaient transmis à S. Jean-Baptisl»,

1 PauluS; Memorahilien, cahier 8^ p. i49* Cf. Grotius, Wollzogen, Walch, Oyerbeck^ Augusti et Stonr^ sur S. Jean.

2 Œder^ De Scopo eçahgelii Johannis hœrtsi Cerinihi opposito.

3 Tittmaim^ dans ses Opuscules; ZlegïeT, Ueher den Zweck des Joh. EçangeL, et plusieurs autres.

4 La plupart des anciens interprètes.

5 SchulzefDersckriftstclknscheC&arakterde^Joiannes, p.ai2.

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