CHAPITRE II. l
dont la. mission était d'annoncer la kimière du monde, et qui offre toutes .sortes d'analogies avec leparsisme^ Il y a plus, des interprètes, trompés par quelques analogies et quelques faits qu'il fallait eipliquer .tout autrement, ont considéré l'évangile de S. Jean comme l'une des premières sources du gnosticisme, ou du moins des doctrines qui le préparèrent 2
Cette dernière hypothèse est fondée en ce sens qae les gnostiques cherchèrent bientôt à ratu^cher leurs spéculations à tout ce qui leur offrait des analogies dans les saints codes; mais ce qu'il y a de gnostique dans le langage et les idées de S. Jean , n'a pas eu besoin de paisser de lui à Cérinthe, parce que ces idées et ce langage étaient déjà répandus de tous côtés. S. Jean n'emploie ce hu>gage et ces idées .que pour faire voir que la véritable gnosis ou la prétendue science supérieure et mystérieuse aes précurseurs du gnosticisme^ ^ l'entouraient de toutes parts, est dans la personne, dans la vie, dans l'enseignement de Jésus-
1 Herder^ ErlâuUrungmy etc.
2 Russwurm {Johannes der Donnerer, p. 17) admet que S. Jean, loin d'avoir réfuté Cérinthe, a seryi de prê> curseur à ce chef de parti.
l66 SECTION I-
€hnst, qui est la pluf parfaite et la seule parfiite manifestation de Dieu. ^
La tendance à la fois polémi<{iie et apologétique ée révangile en question serait moins éndente auj ourdliui, qu'il faudrait encore lladmetlre. Quelque jugement que Ton porte sur les traditions en général, celles des écrivains des premiers temps du christianisme sont si poâtives et si unanimes à cet égard, qu'on ne saurait les réToquer en doute, sans tomber dans un sceptîoiame qui détruinût rhistoire de cette gnoide époque. S. Irénée, qui avait les traditions d'un disciple de S. Jean, celles de S. Polycarpe, dit expressément que cet évangile avait pour but de combattre les cérinthiens et left nicolaïtes, et les doctrines qui préparèreot caUes de Ifarcion et de Valentin ^. On a objecté contre ces données, ^e les aicolaïtes n'ensei-
1 M. SeHIaith (iS/Ki»af-Cft0ni^^m/tt der Johatmeischm Schnfitn. Leipzig, i8a3} t9 trop loin en combattant lldée que S. Jean ait voulu écrire une biographie de Jësus-Ohrist; mais il nous paraît yoir parfaitement juste ^ en lui supposant l'intention de donner une déduction doctrinaire sur la baute (^gnité du Sanveur^ tout en suivaiat le fil des principaux éyénemens de sa vie. Yqj. p. 38 s^.
'^ Irenseus^ Ad^ersus hcneses, Ub, i, -p. ii6,td. Grabe,