CHAPITRE II
«D ce qu'il célèbre le dernier triompbe des docv trines chrétiennes contre toute la puissance des hommes et des démons conjurés contre dles. En traçant les traits de ce grand drame *■ , il était ^ impossible aussi que Fauteur n'eût pas en vue les opinions et les systèmes dont il peignait la lutte; car les Juifs et les payens qui se combattent dans ses prophétiques visions, ne l'intéresseoit, comme écrivain chréûen, qu'autant qu'ils sont les rcprésentans. des principales doctrines du genre humain. De là vient que nous trouvons partout des allusions à ces doctrines, des idées qui leur sont empruntées ou des opinioitô qu'on y substitue; de là vient que Je Zend-Avesta, les codes judaïques, Philon et la gnose y sont partout en présence; de là vient encore que les gnostiques, qui prenaient leur bien partout où ils le trouvaient, ont pu Êiire tant d'emprunts à S. Jean. Les ^^t esprits qui entourent le trône de l'Étemel, dès le début de ce grand drame, et qui jouent un rôle si puissant dans tout son
1 On Toit ici dans quel sens notre manière d'envisager l*Apocaljpse comme un drame^ diffère de eelle de M. Eichhom, qvà la coosidére égalmneui comme un drame. Yoy. son Commeniadusén Afiocalypsùt.
cours % qui sont ^rtout les premiers instrumens des volontés et des vengeances divines , rappellent les sept amshaspands du parsisme, comme les vingt-quatre anciens, qui offrent toujours les premières supplications et les premiers hommages à l'Être suprême, rappellent les chefs mystérieux du judaïsme, et préludent aux éons du gnosticisme. Jésus^Christ , le monqgénès de la création, et qui est aussi celui de la résurrection 2, réunit les qualités d Ormuzd et de Sosiosch du Zend-Avesta, ainsi que celles d'Ensophde la Kabbale, et celles du Kccçns^^fiç de la gnose, titre sous lequel figure même un ange spéckl^. L'idée que les vrais initiés du christianisme et les vrais fidèles du Christ sont faits rois et prêtres, est à la fois persane, juda'i^ que, chrétienne et gnostique^, et le zérûané akeréné ne peut se méconnaître dans la définition de l'Être suprême , qui est à la fois Alpha et Oméga, le commencement et la fin, c'est-à-dire,
1 Ch. 1, V. 4« - *
2 Gh. 1^ y. 5.
3 Cb. i4, V. i3.
4 Cb. 1, T. 6; ch. 5, la. (y. Herder, Erlâuterungen zum iV. T, nus einer morgenl* Q^s^c, p. 73.