CHAPITRE III, I9S
quer ces doctrines autrement que par une manl* festadon toute particulière de TEtre suprtoie. Il se convainquit qu'il s'était montré aux peuples non judaïques et non chrétiens comme S. Esprit, et cette croyance, tout en lui expliquant, dans l'histoire des idées religieuses, des phénomènes dont nous cherchons encore la solution aujourd'hiû , était , plus que toute autre , de nature à le satisj&ire hû-méme autant que les payeuse Peutêtre les chrétiens eux-mêmes lui avaient^ls fourni l'élément d'une opinion dont ils ne purent admettre qu'une partie. Us considéraient la communication du S. Esprit aux payens comme le signe de la vraie foi, et Simon n'a peut-être fait autre chose qu'étendre cette idée.
Son enthousiasme pour son système paraît bientôt n'avoir plus eu de bornes , si nous en jugeons par celui qu'il conçut pour lui-même. Subjugué par l'exemple de Zoroastre, à qui Ormuzd, dans le Zend-Avesta, qui lui fut révélé, avait prodigué des quaUfications qui n'appartiennent qu'à l'Être suprême, et par celui de Jésus- Qirist et^de ses apôtres, qu'il entendit d'une
1 IrensBUB^ lib. I,c. 20.
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m^ère bien différente de la nôtre, il s'exalta sur sa propre individualité, au point de la considérer comme la grande puissance de PEtre suprême. ^ Ses disciples le prirent bientôt pour le Dieu lui-même qui s'était ainsi révélé trois fois aux hommes.
U parait, en général, qu'il faut admettre, quoique le silence des monumens nous empêche de la démontrer, une grande différence estre Simon et ses disciples ; et la distance où ils se trouvaient tous de son génie, est ce qui explique le mieux leur aveugle vénénation pour sa personne. Cest elle aussi qui expHque les discours qu'il lenr adressait, et qu'ils ont, sans doute, recueiUis avec une fidélité qui s'exaltait elle-^méme sur la sublime nature de son être. Suivant S. Irénée , que nous sommes obligés de prendre pour guide, si nous voulons en avoir un, et que nous n'avons aucune raison suffisante de refuser, il leur avait dit qu'il était la parole de Dieu^, la première image du
1 Hic est virtus Dei, ^uœ vocatur inagna, dit S. Irénée, au passage cité, qui s'exprime ici comme les Actes des apôtres. Comp. ci-dessus^ p. 192.
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