‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 78 sur 173 · CHAPITRE III. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. a

mière, de degré en degré, de volupté en volupté, a pu être considérée , à juste titre , comme la* Prounilos par excellence; et nous ne saurions trop insister sur la nécessité de revendiquer ce personnage et cette désignation au système des simoni^as.

La qualification d'Artémis et de Minerve offre moins de difficultés. Simon ou ses disciples étaient persuadés que le Saint-Esprit avait parlé wolx au* très peuples, surtout aux Grecs, et le personnage de Minerve, la Sophia des Hellènes, se présentait la pranière à leurs regards, soit comme le symbole de la Sophia, soit comme celui du Pneuma. L'analogie une fois adoptée, le père d'Eimoia était père de Minerve, c'est-à-dire Jupiter. Les disciples de Simon lui rendirent même un culte sous ce nom , et adorèrent Ennoia sous celui de Minerve. Il est à regretter qu'une secte aussi &milière avec les idées de la Grèce, ne l'ait pas été aussi avec les

arts de cette célèbre terre des muses , et ne nous

ait laissé aucun monument relatif à ce double culte. *

1 Parmi les nombreux monumens ou pierres gravées qui se laj^rtent aux diverses- branches du gnosticisme, il n'en est aucun qui paraisse rappeler ces idées.

ao8 SECTION I.

Ce qui a dû embarrasser dans ces analogies, c'est l'hypothèse qu'Ennoia-Hélène était absolument le même personnage qu'Hélène, épouse de Ménélas, qui joue, avec son ravisseur Paris, un rôle si intéressant dans le grand drame iliaque d'Homère. Comment Ennoia a-t-elle pu être, à la fois, Hélène dans Ilium et Minerve au camp des Grecs, combattant contre Vénus et Mars, les protecteurs de Paris? Homère aurait-il commis; des erreurs? N'était -il peut-être pas initié dans les mystères de l'antique pneumatologie? ou bien les simoniens ne l'étaient-ils pas assez dans les traditions du poète? Les simoniens étaient si certains de ridentité des deux personnages, que, sans aucune, hésitation , ils attribuèrent à Ennoia-Hélène ce que JPlaton raconte d'Hélène , femme de Ménélas, au sujet de Stésichore : c'est que cet illustré contemporain d'Homère et dé Phalaris fut frappé de cécité pour avoir calomnié Hél^e dans un de ses poèmes , et qu'instruit par les muses , il se rétracta dans d'autres vers, ce qui lui fit rendre la vue^ Au surplus, cette smgulière migration

I On sait qu'Horace, Lucien, Philostrate 'et plusieurs antres anciens font allusion à cette légende.

I^HAI^ITRË lit. âÙg

â^Ënhoia-Hélène et cette idaitité avec Hélène^ femme de Ménélas , doivent nous surprendre beaucoup moins de la part de Simon, que te Mjui nous est raconté par Pythagore sur ses diverses migrations : ce philosophe, malgré ses hypothèses , était encore un peu plus de ce inonde que Simon de Gitton.

Les traditions^ àujLquelles 6'âttdchaient les simoniens, prouvent une cen^Lpe prédilection pour la Grèce 5 et cette direction est d'autant plus remar-* quable,. qu'elle tient son origine dans les idées â'un Samaritain, ennemi des Juifs, malgré la con-^ formité des doctrines. Il paraît, au reste, que cette tendance, qui pouvait conduire les simoniens dans le nouveau platonisme, système favorable à leurs hypothèses allégoriques , ne s'est pas long* temps conservée dans leur école.

Les disciples "de Simon modifièrent ses principes^ les développèrent ou les abandonnèrent^ comme il arrive dans toutes les écoles philoso-< phiques, et comme les chef^ de ces écoles doivent le désirer eux-tnémes, malgré la dernière volonté d'un de leurs plus célèbres prédécesseurs, j'entends Épicure, qui voulait que ses élèves coi> servassent à la fois son système et son jardin.

Nous ayons déjà indiqué plusieurs principes * i4

aïO SECTION I.

essentiels, qui nous paraissent appartenir plutôt aux disciples qu'au maître : la théorie des éons, telle que Grégoire de Naziance l'attribue à Simon, nous paraît de ce nombre. Elle entre pourtant si bien dans son système, qu'il n'y a pas de raison pour l'en bannir.

Le plérôme ou la plénitude des intelligences supérieures, ayant l'Etre supr^ne à leur tête, se compose , suivant cette théorie que la plupart des gnostiques ont modifiée en l'adoptant, de huit éons, qui sont Bvêos et Ttyri^, ïlysv/ju» et ^hhifisiccj JS!oyos et Za^iy/'Avdfiw^oy et "'ExxÂJ/trwf.*

Grégoire de Naziance, qui suit ici les renseignemens d'ÉHe de Crète , a pu confondre un peu les temps; mais il n'est pas impossible que Simon ait eu ridée du plérôme. Nous la trouvons même dans les codes chrétiens, quoiqu'ils y rattachent un sens différent et qu'elle y paraisse une sorte d'antithèse, comme nous en trouvons plusieurs 'autres, relativement aux élémens du gnosticisme.

1 VEire suprême et Ennoîa répondent à Byihos et Sigi<

2 Gregorii ISazianz* Oraù 44 ®t 25. Ces associations conjugales des esprits supérieurs soïit un raffinement du grnosticisme. Le Zend-Avesta et la Kabbale araient ense^é des génies des deux sexes^ mab sans les classer par couples.

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