‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 79 sur 173 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Dans le système primitif de Simon, le dieu des Juifs n'était pas l'Etre suprême 5 il n'était que l'un des anges d'Ennoia, et par conséquent un esprit d'un ordre inférieur. Cest par cette hypothèse que Simon s'expliquait tout ce qui, dans les codes sacrés, lui paraissait peu digne du Dieu des perfections; cette hypothèse était donc pour lui ce que lé système allégorique était pour Philon , avec cette différence, que ce phil(^ophe substituait ses idées à celles des textes, tandis que le chef des simoniens condamnait simpléfaient le contenu des rodes.

Ce principe une fois posé , il ne considérait plus les prophètes qu'en qualité d'organes d'un être subalterne, et les réformait à son gré. U faisait plus , il s'en affranchissait avec ses partisans. En effet, ceux qui croyaient en lui» grande puissance de l'Etre suprême, et à Hélène^Ennoia, sa première et plus pure pensée, se trouvaient placés au-dessus des organes et des lois d'un dieu vulgaire, et pouvaient agir, en toute liberté, suivant les leçons de leur haute sagesse. Cétait là une conséquence si rigoureuse et un principe si pré^ cieux, que les gnostiques postérieurs ne pouvaient ({ue lès admettre.

La législation des anges était viciée, dans son ori^e, par l'ambition qui les conduisait j aussi

avaient- ils moins prescrit les lois de la nature que donné des règles arbitraires; et c'est parce que leurs lois n'étaient pas celles de la nature des choses , que la suprême puissftnce de Dieu, Simon, était venu en affranchir les hommes.^

Un chef qui enseignait les lois de la nature des choses, pouvait-il manquer de partisans? Épicurc n'offrait pas plus d'attraits à la Grèce minée par les sophistes, que Simon* ijen offrait ici aux peuples minés par le scepticisme et déshérités de leurs anciennes croyances. • %

Ce germe produisit sa plante et ses fruits Au temps dlrénée', la morale des simoniens était déjà si corrompue, qu'elle professait ouvertement cette dangereuse maxime, qu'// n^ a ni moraliU ni immoralité dans Pacte extérieur! Cette conséquence était encore inévitable. Des lois données par des esprits qui se trouvaient en dehors du plérôme des perfections , ne pouvaient être que mauvaises : or, c'étaient ces mauvaises lois qui mettaient la moraUté dans l'acte; donc il n'y avait pas, dans l'acte, de moralité!

L'école des simoniens tomba encore après Iré-

1 Irenœus; /. t, c. 20.

Page 1