CHAPITRE III. 3l
née. « Il n'y a rien de si impur, dit Eusèbe, et ic Ton ne peut rien concevoir de si criminel, que « la secte des simoniens n'aille encore plus loin. * ^ Le trait d'Eusèbe est fortj il est même trop fort; car on ne conçoit rien qui aille au-delà de ce qu'il y a de plus criminel; et Eusèbe, appartenant à une communauté qui sortait des supplices où l'avaient fait traîner des accusations non moins graves *, ne devait peut-être pas se permettre les siennes. Mais l'homme est fait ainsi; il poursmt lorsqu'il cesse de l'être. H est vrai que l'homme est aussi fait de manière à aller encore au-delà des plus singuliers principes : il paraît que cfétait la le cas des simoniens.
Dans l'origine, leur morale pouvait conduire jusqu'à la rigueur du stoïcisme. Ils voulaient imiter le é^ooÇy l'être parfait de Philon : dès-lor$ ils avaient dû combattre toute espèce de passion. L'exemple de Simon , si plein de bonté pour Ennoia-Hélène , smrait-il , dès le; commencement ,
1 Hifit. eccîes., iib. II, c. i5. Cf. ConsiU. apasU^lih, VI, c. 9 et lo. Epiph., Hœres. 21, c. 4«
2 Yoj. 1^ curieux traité dé Kortholt^ intitulé Paganus obirtctator.
!3l4 SECTION I.
donné à la théorie du maître un de ces démentis que les élèves sont si avides de saisir?
L'exemple du maître fut, en effet, trop puissant sur les simoniens. Comme lui, ils s'adonnèrent à cette prétendue communication avec les esprits qui devaient leur livrer les secrets de la nature^ à cette magie qui s'était répandue, alors déjà, de ses antiques foyers, de l'Asie centrale » sur tous les pays les plus civilisés ; qui s'y maintint jusqu'au triomphe complet du christianisme , et qui bientôt se glissa dans le sein même de la religion qui l'avait abattue à ses pieds. Ils composaient des.philtres et des sympathiques^; ils avaietit des esprits cjui les assistaient, qui leur envoyaient des oracles dans leurs songes , et autres choses de ce genre. Aucun n'est parvenu pourtant à la gloire du maître, aucun n'a eu de culte, aucun n*a eu de statue^
Les simoniens paraissent s'être répandus principalement en Syrie, en Phrygie et à Rome.^ Justin le martyr rapporte que leur chef eut une
1 Âgogùnay ce qui conduit et attache i dWtres.
2 Théodoret dit^ en termes généraux, que Simon se rendit dans les pays ou les apôtres n'araient pas «ocore établi le christianisme. Hœr>/abff If i.