CHAPITRE III
sance suprême de Dieu^ ambition que, depuis lui» parmi tous les chefs de systèmes, Montanus, Mânes et Mahomet ont seuls répété^, chacun à sa manière. Ce ne fut point par ses doctrines qu'il se fit le plus de réputation, il croyait inutile d'en établir de nouvelles; mais il se fit de nombreux partisans par le nouveau mode d'initiation qu'il adopta et par les espérances qu'il sut y rattacher. Il baptisait en son propre nom, et son baptême était le plus efficace que l'on eut eticore accordé^ car il conférait l'immortalité et le pouvoir de vaincre les puissances intellectuelles qui gouvernent ce monde. Ménandre différait en cela de Simon , dont la. doctrine seule affranchissait les siens du pouvoir des anges. Quant à l'immortaUté-, il la promettait de telle sorte que ses disciples, tou-^ jours jeunes, ne devaient sentir ni les a|^roche$ de la mort ni celles de la vieillesse. On voit par là de copibien Ménandre se plaçait au^lessus de son "^tre, qui, tout dieu qu'il était, n'avait pu éviter ^c mort désagréable, si nous en croyons les ecnvams des premiers siècles. Cependant, on ne comprend pas l'importance, que pouvaient attacher à la jeunesse du corps, des hommes qui le considéraient comme une indigne prison dont lame devait sans cesse chercher à se délivrer j et
telle était incontestablement l'opinion de toute cette école , puisqu'elle regardait l'emprisonne* ment d'Hélènef dans un corps humain comme ^ Un acte d'injure et de vengeance.
Ménandre aussi avait paru du vivant des derniers apôtres. Les anciens confondent ses partisans et ceux des autres sectes simoniennes sous le nom copunun du premier chef. Il est à croire qu'au temps de S. Cyprien les sectateurs de Méiiandre cherchèrent , commç les autres, à se mêler dans les rangs dçs orthodoxes ^. Cétait chose d'autant plus fkàley que, pour les actes extérieurs, ils ne s'en distinguaient guère que par le symbole du feu , qu'ils montraient au-dessus des eaux du baptême, par allusion aux; paroles de S. Jean-* Baptiste, qui distinguait son baptême, celui de l'eau, 4n baptême de Jésus-Christ, celui du feu ou du pneuma. Le symbole du feu indiquait que leur baptâme communiquait ce pneuma.
Cérinthe. §. 4* Le troisième des précurseurs immédiats du gnosticisine , Cérinthe, fiit plus chrétien et moins ambitieux que Simon et Ménandre. Il ne
1 Cyprian., De haja. hœret, p. So^ 3.^ partie de Vé£t àt Brème.