CHAPITRE PREMIER
Temps antérieurs à rétablissement du
Christianisme.
(Des mots de TvSfftç et de Tve^Ç'utoç*' — Du langage pjiiloso* phique de Pjthagore et de Platon ; des doctrines de Fancienne Grèce; du langage et des principes d'Aristobule et de Philon d'Alexandrie. — Du langage et des doctrines de rOrient, spécialement du Zend-Avesta de Zoroastre.— Du langage et des doctrines des sectes du judaïsme; de la Kabbale 9 du Talmud^ de la version des Septante.)
ui le gnosticîsme , comme nous l'avons dit en général, et cpmme la suite de ces recherches ya le faire voir, est une série de systèmes dans les^ quels les derniers philosophes de l'ancien monde, tout en profitant des opinions de leurs prédéces* seurs, cherchent à mieux résoudre qu'eux les problèmes qui les avaient si long-temps agités, et à combler les lacunes que la critique signalait encore dans les doctrines, on doit chercher, sinon
Torigine, du moins les gennes de cet ensemble de systèmes beaucoup plus haut que dans les premiers siècles de notre ère.
L'histoire du langage étant l'histoire la plus exacte des idées, nous suivrons d'abord les diverses acceptions des mots de yvoiaiç et de y vûd^-ixo^9 en remontant le plus haut que nous pourrons. , Le dernier de ces mots se rencontre rarement chez les anciens auteurs grecs, et n'a jamais le sens qui lui fut attribué postérieurement à l'ère chrétienne : il signifie simplement doué de la faculté de connaître; il ne désigne jamais ni une secte, ni un individu qui prétende posséder une science supérieure.
Le mot de yvSmç est beaucoup plus fréquent.
Il se lit dans le sens de connaissance chez les auteurs profanes de toutes les époques : Hérodote et Démosthènes, Aristote et Lucien l'emploient ainsi, tout aussi bien que Platon, et il ne nous offre rien de curieux dans ce sens.
Cependant Platon, qui parle d'une science gnostique ^, et mènouB son prédécesseur, Pythagore, qui n'admettait ses disciples aux dernières communi-
i TvcùÇ'iKn iinçyifAn\ Voj. Politicus, p. 18 et 24, ed* Bipont^