‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 94 sur 173 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

la raison de rhomme pour source du système qu^elle professait; aucune ne fut rationaliste dans le sens que nous attribuons aujourd'hui à ce terme f il était même impossible que le rationalisme entrât dans des systèmes où tout émanait de Dieu, aspirait à Dieu et rentrait en Dieu. Les gnostiques avaient vu la Grèce élever queues théories rationalistes; enfans de la lumière y ils regardaient en pitié les enfans du monde y qm se déshéritaient de tout ce qui pouvait donner quelque prix à leurs spéculations. A peine Platon, qui n'était pourtant pas rationaliste, avec ses idées originaires du monde des intelligences, fut-il assez théosophe à leurs yeu?. Et, en effet, ce dédain leur semblait être permis : Platon n'avait fait qu'entrevoir les antiques doctrines de l'Orient, d'où étaient émanés les pales rayons qui éclairaient la Grèce. Les gnostiques, au contraire, étaient en possession de toutes ces richesses des générations primitives du monde, et un être supérieur, un céleste JEon , venait de répandre une lumière nouvelle sur les écrits favorisés de Dieu : comment se seraient -ils destitués de ce double héritage? comment se seraient-ils réduits aux misères de la raison humaine? En possession d'une tradition , d'une intuition , d'une révélation et d'écrits par- » 16

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ticuliers, qu'eux seiil3 conservaient intègres, corn** ment n'auraient-ils pas enseigné mieux que ces chrétiens apostoliques, qui ne possédaient que des écrits et des doctrines altérées par Timpéride de leurs chefs? et comment n'auraient-ils pas enseigné mieux que ces écoles grecques , qui , en lonie, n'avaient pas su distinguer l'intelligence de la matière; qui, dans Athènes, n'avaient pas osé professer l'existence d'un Être suprême; qui, en Italie, n'avaient su donner, sur les rapports des deux mondes , que des notes de musique , des diiffres et des doutes ; qui , d'ailleurs , étaient mortes depuis long-temps en Italie et en lonie, et qui expiraient en Grèce, les unes ep se débattant sur quelques petites questions de morale, les autres en se réfugiant dans des allégories sur les anciennes traditions mythologiques? Comment n'auraient -ils pas éclipsé tout le dogmatisme ou tout le scepticisme de leurs temps , initiés qu'ils étaient dans tous les mystères de la cosmogonie, de la pneumatolb^e, de la théodicée, de l'éonologie et de la christologie?

En effet, les grandes questions sur l'éternité ou la création de la matière, sur l'origine, l'utilité et l'extinction finale du mal; sur les rap ports qui existent entre le monde intellectuel et

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