CHAPITRE I
être, qu'en Egypte. Les Juifs, revenant des ré^ns où régnaient Ormuzd et son organe Zoroastre, en portèrent les idées tn Syrie plus tAt qu'en Egypte, où Alexandre et les Lagides furent les premiers à les souffrir en nombre* Il y avait communauté de langage et dé mœurs entre la Syrie et la Judée; tandis que les Juifs qui se transportaient dans Alexandrie, se voyaient dans la nécessité d'y apprendre deux langues, l'égyptien et le grec.
La Kabbale , qui eut tant d'influence sur la gnose, nous paraît aussi avoir fait, sur les bords orientaux dé la Méditerranée, des progrès plus rapides que sur ceux du midi. Sans doute le langage grec de la gnosis s'est formé dans Alexandrie plus promptement qu'ailleurs ^ ; mais les âémens essentiels de cette science mystérieuse paraissent avoir fermenté et présaité leurs produits en Syrie plus tôt qu'en Egypte; Ici, dans Alexandrie, c'était Platon, c'était l'hellénisme qui dominait; là c'était véritablonent le génie orien- ^9 qui est aussi celui de la gnosis. Sans doute le judaïsme, la Kabbale et le soroastrisme étaient représentés également en Egypte; mais c'était
1 Yoj. ci-dessus^ sur les mots de yySviç et de yviûÇ'iitoÇi P« 55 et suiy., p. 119 et suiv.
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surtout dans l'école judaïque de cette ville, et les chefs de cette école, Aristobule et Philoii) appartenaient l'un et l'autre encore plus à la Grèce qu'à l'Orient Si le gnosticisme est essentiellem^t un monde intellectuel hyposiasiéy- il a dû se constituer tel plutôt en Syrie qu'en Egypte; car ici le inonde intellectuel était plutôt le monde idéal de Platon que cdui de Zoroastre.
Quelques données historiques se joignent à ces considérations pour en appuyer l'importance. Les deux premiers chefs des écoles de Syrie et d'Egypte sont Saturnin et Basilide. Or, Saturmn de Syrie est le plus souvent nommé par les anciens avant son émule Basilide, et BasiUde lui-même était originaire de Syrie. L'un et l'autre sont d'ailleurs considérés comme élèves de Simon, de Ménandre et de Cérinthe, dont les deux premiers appartiennent à la Palestine et à la Syrie, et dont le troisième n'avait pu se faire un parti en Egypte. Si Saturmn et Basilide ne se disent paB élèves des maîtres qu'on leur donne , leurs principes se rencontrent au moins avec ceux de ces maîtres, et le système des ophites même, quoiqu'il se rattache à celui de Valentin, offre les plus frappantes analogies avec les. doctrines sabiennes, qui appartiennent a la Syrie. Il faut donc considérer