‹ Histoire critique du texte et des versions de la BibleChapitre 32 sur 37 · LA QUESTION DU CANON DBS ÉCRITURES · texte numérisé non relu

LA QUESTION DU CANON DBS ÉCRITURES

les livres de TÉcrilure pour ce qui regarde la canonicilé, quoiqu'ils n'entendent pas les placer nécessairement au même rang d'autorité, c'est qu'ils ont de la canonicité et de l'autorité des Livres saints une idée qui leur permet de distinguer ces choses, de façon que ce qui est affirmé de l'une puisse ne pas être appliqué à Tautre. Pour eux, la canonicité n'est pas précisément l'aptitude à régler les questions de foi, mais plutôt lacceplation, faite par TÉgiise, de tel ou tel livre en qualité d'œuvre divine et inspirée, quel que soit d'ailleurs l'objet de ce livre. De même la différence d'autorité qu'ils regardent au moins comme possible ne vise pas le caractère divin des livres canoniques. Théoriquement, l'autorité de l'Écriture n'admet pas de degrés : un livre divinement inspiré ne peut être que divinement autorisé. Mais les Pères de Trente sont en face d'une question de fait, à savoir, s'il n'y aurait pas dans la Bible des livres qui seraient inspirés, divinement autorisés pour l'édification des mœurs, et non pour fournir les preuves du dogme. Cette question, le concile n'entend pas la résoudre. La distinction des livres autorisés pour la preuve de la foi et des livres autorisés pour l'édification est en rapport, dans la pensée des Pères, avec la qualité d'homologoumène ou d'antilégomène qui appartient aux différents écrits bibliques, en sorte que l'on n'irait pas directement contre la définition de Trente, prise en elle-même, en soutenant que les deutérocanoniques de l'Ancien Testament n'ont été inspirés que pour servir à l'édification des mœurs.

Mais une telle opinion, si elle n'est point condamnée par la lettre de la définition conciliaire serait peu conforme à son esprit. Le concile ne s'est pas prononcé sur la distinction à faire entre les Livres saints. Aucun de ses membres n'a contesté qu'il puisse y avoir inégalité de valeur doctrinale ou historique entre les diverses parties de la Bible ; mais la majorité n'a pas cru que la distinction de saint

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