‹ Histoire critique du texte et des versions de la BibleChapitre 34 sur 37 · AU CONCILE DE TRENTE · texte numérisé non relu

AU CONCILE DE TRENTE

des mœurs ; d'où il suit que les derniers, même dans les passages où ils traitent de sujets dogmatiques, n'ont pas la même autorité que les premiers. — Cette théorie ne serait pas en opposition formelle avec le décret des Pères de Trente interprété par eux-mêmes ; mais elle aurait contre elle le sentiment traditionnel qui n*admet pas deux sortes d'inspiration divine^ ; la difficulté pour un théologien sensé de croire qu'un passage dogmatique d'un livre inspiré n'aurait pas d'autorité dogmatique; la comparaison des livres bibliques entre eux, qui ne trahit dans les deutérocanoniques aucune infériorité relativement à tel protocanonique (par exemple, de TEcclésias tique et de la Sagesse relativement aux Proverbes, des Machabées relativement aux Paralipomènes); la saine intelligence de la pensée des anciens Pères qui ne font pas dépendre le manque d'aptitude à régler le dogme d'un défaut de l'inspiration, mais soit du caractère général des livres deutérocanoniques, où le dogme tient peu de place, soit d'un doute atteignant le fait même de l'inspiration, doute qui après les définitions de Trente et du Vatican ne peut plus subsister ; enfin la tendance universelle de la théologie catholique depuis le concile de Trente. D'après l'opinion commune des théologiens, l'ancienne tradition sainement interprétée et l'esprit de l'Église, la condition de protocanonique ou de deutérocanonique n'introduit entre les Livres saints aucune inégalité essentielle et primordiale au point de vue de l'autorité. Il n'existe et ne peut exister entre les livres et parties de l'Écriture d'autres différences que celles dont chacun s'aperçoit en lisant et en étudiant la Bible, celles qui résultent de la nature des choses qui y sont dites.

Quant au caractère et à la valeur historique de tel ou tel livre de la Bible, ce ne sont pas des choses qui relèvent directement du dogme de l'inspiration et de la canonicité. Lorsque l'on prouve en théologie que tous les livres de TÉcri-

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